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Un film de Teona et Thierry Grenade (France –Géorgie)

"Notre enfance à Tbilissi" Sortie en salles le 10 décembre 2014.

Au début des années 90, la Géorgie redevient indépendante et les géorgiens, un peuple libre.

Mais le changement de régime du pays s’assortit d’une crise économique qui va l’entraîner dans un profond chaos.

Dans ce contexte politique trouble, Giorgi, un grand adolescent admirateur de Toni Montana et Vito Corleone, est séduit par l’enrichissement rapide des gens de son quartier qui se livrent au marché noir.

Il vit aux côtés de sa mère qui travaille à domicile et de son petit frère Datuna, pianiste prodige

qu’il veut aider à accomplir son rêve : devenir le grand soliste auquel son talent le destine.

Qu’adviendra-t-il de cette période de turbulence ? De cette période de transition dominée par le désir de réussite à tout prix d’une poignée d’individus véreux obnubilés par la seule conquête du pouvoir ?

Cinéma : "Notre enfance à Tbilissi"

Le film qu’ont réalisé Teona et Thierry Grenade a pour cadre une rue d’un quartier de Tbilissi et pour protagonistes, quelques habitants qui vivent à proximité les uns des autres dans un esprit de solidarité, avec un éclairage plus soutenu sur Maia et ses deux garçons.

Le souci de Maia à faire face, tant bien que mal, à un quotidien difficile, l’empêche de voir la lente dérive de Giorgi et à mesurer pleinement la fascination de Datuna pour la musique.

" Notre enfance à Tbilissi ", s’il dépeint avec soin et sensibilité les répercussions d’une situation politique vacillante sur un quartier de la ville et ses habitants, s’attache surtout aux personnages des deux frères différents par l’âge mais aussi par la façon dont ils perçoivent les événements qui agitent leur pays.

Giorgi est un brave garçon, serviable et affectueux mais que le tumulte de l’adolescence éloigne d’une rigueur morale que lui dicte pourtant son entourage intime.

Malgré des éclairs de maturité et le regard aigu qu’il promène autour de lui, Datuna est encore beaucoup trop jeune pour prendre la mesure des choses.

Sa passion dévorante pour le piano l’accapare totalement.

La tendresse profonde qui réunit les deux frères constitue le socle du film. Les scènes où ils apparaissent en duo sont de vrais moments de grâce et de pureté. L’amitié qu’ils se portent mutuellement, qu’elle se manifeste par des gestes rudes, tendres ou dans un simple échange de regards est d’une force palpable.

Et cette "cellule" de pureté rejaillit sur tout le récit pour donner à cette chronique historique âpre et douloureuse, une sorte de douceur qui ne la prive jamais d’un regard lucide.

Les personnages secondaires sont particulièrement soignés et à aucun moment, même si les événements et les conditions de vie s’y prêtent, le film ne tombe dans la démonstration et le misérabilisme.

Francis Dubois

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