Actualité théâtrale

Du 26 mars au 11 avril au Théâtre des Abbesses

« Nous n’irons pas ce soir au paradis »

« C’est toujours sa part d’enfance qu’un acteur joue sur la scène » dit Serge Maggiani qui nous raconte dans ce court spectacle L’enfer de Dante. Fils d’un ouvrier italien venu en France dans les années cinquante, c’est dans sa famille qu’il a connu Dante, le poète célébré dans toute l’Italie et l’inventeur de la langue italienne. Accompagné par Valérie Dréville, comme le poète l’a été par Virgile dans son voyage aux enfers, il s’est lancé dans ce voyage au long de La divine comédie amorcé en 2008, au Festival d’Avignon.

Il arrive de la salle, monte sur scène, se tient debout devant un pupitre et un micro, une feuille à la main et se lance dans un monologue. Sa voix est chaude et douce. Il commence par la prière qui termine le dernier chant du Paradis, pour dire que nous n’irons pas ce soir au paradis, et commencer à raconter les premiers chants de L’enfer . Il ne lit pas la totalité de L’enfer , il n’analyse pas le texte, il le raconte. Il parle de Dante, de son amour pour Béatrice, de son rapport avec le pape Boniface VIII, qu’il hait, de la mort de Francesca et Paolo, mais il nous parle aussi du pain non salé typique de la Toscane, fait un parallèle avec Marcel Proust à propos de la mémoire pour terminer sur Pasolini.

Au fil de son récit il nous dit des vers du poète en français et en italien, parfois il explique un vers et tout comme Dante tutoyait son lecteur, il nous tutoie. Et comme Dante a dit 19 fois dans la Divine Comédie « Pensa lettore », il nous invite à penser et à rêver. C’est un très beau travail que nous propose ici Serge Maggiani.

Micheline Rousselet

Du 26 mars au 11 avril à 18h

Théâtre des Abbesses

31 rue des abbesses, Paris 18

Réservations : 01 42 74 22 77

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