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Un film de Karl Markovics (Autriche)

"Nouveau souffle" Sortie en salles le 14 mars 2012

Roman Kogler, condamné à plusieurs années de prison, a, à 18 ans, purgé la moitié de sa peine dans un centre de détention pour mineurs. Il pourrait être libéré sur parole mais il n’a aucune famille pour l’accueillir et son comportement est trop asocial pour lui laisser la bride sur le cou.

Son seul soutien est l’éducateur qui a la charge de son suivi.

A la suite de nombreuses tentatives d’embauche, il finit par trouver un emploi de réinsertion à la morgue de Vienne.

Un jour, arrive à la morgue une femme qui porte le même nom de famille que lui et même s’il découvre que ce n’est qu’une coïncidence, le désir naît chez lui de retrouver la trace de cette mère qu’il n’a jamais connue et dont il ne sait rien.

Karl Markovicz, après une carrière de comédien qui ne le satisfaisait pas, a décidé de passer à la réalisation d’un film, même s’il ne disposait pour écrire un premier scénario d’aucun sujet, d’aucune idée de départ.

C’est une image qui est venue à son secours de scénariste en panne d’inspiration, celle d’une femme gisant par terre, inanimée, dans un appartement au décor vieillot.

De là sont nés des personnages d’hommes côtoyant la mort au quotidien, dans le cadre de leur travail.

A la suite de quoi s’est invité dans cette ébauche, un personnage de grand adolescent seul au monde, dont l’existence est déjà lourdement chargée et qui a fait un si mauvais départ dans la vie qu’il s’est retrouvé dans un centre de détention pour mineurs. Une sorte de prison dont il ne peut sortir, bien qu’il ait purgé la moitié de sa peine, faute d’avoir dans son entourage un adulte référent.

Roman, dès lors qu’il a trouvé ce travail à la morgue municipale, voit son horizon s’éclaircir et même s’il passe d’un univers tabou, le milieu carcéral, à un autre univers tabou, celui de la morgue, il s’accommode de sa nouvelle vie et de la manipulation quotidienne du corps des morts.

La seconde phase de la métamorphose du personnage surviendra avec l’idée qui deviendra vite une urgence, de partir à la recherche de sa mère, et avec l’amitié que lui témoignera de façon inattendue son collègue de travail, dont il découvrira les fêlures.

Les recherches qu’il entreprend pour retrouver trace de sa mère et tout ce qui découlera de cette démarche volontaire, vont petit à petit, modifier la personnalité de Roman. Ce garçon buté va s’ouvrir aux autres au point qu’on le verra sourire à une jeune fille enjouée, voisine de compartiment avec laquelle va s’esquisser, le temps d’un court voyage, une sorte d’histoire d’amour en raccourci.

Sa mère est une femme encore très jeune, un personnage à vif, sauvage et douloureux qui cessera de le repousser le jour où elle pourra lui faire la révélation de ce qui la hantait depuis des années.

Thomas Shubert dont c’est la première apparition dans un film, fait une composition saisissante. C’est à la fois le personnage et l’interprétation qui font de cette histoire sombre qui se déroule dans le contexte rebutant de la morgue, un hymne à l’espoir où la vision de la mort vite banalisée s’intègre à la vie.

La réussite du film tient peut-être aussi au fait que Karl Markovics ose filmer sans précaution des moments ingrats à regarder qui, très vite, perdent leur côté scabreux.

Francis Dubois

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