Actualité musicale, chanson...

Nouveautés jazz "Heavens" et Henri Texier Hope Quartet

Renouveau du troisième courant.

Le sous titre de cet album, « Amadeus & the Duke » m’a fait irrésistiblement penser à Boris Vian qui vouait une admiration éperdue (et justifiée) à Duke Ellington – il faut se souvenir que « L écume des jours » est construit sur des compositions du Duke - et qui affirmait « Mozart m’emmerde » (c’est aussi quelquefois justifié). Raphaël Imbert, saxophoniste, clarinettiste basse et un peu pianiste a voulu les réunir. « Heavens », c’est le titre de cet album. Aux cieux sans doute le Duke, toujours habillé avec soin, a rencontré celui qu’on présente comme débraillé, Mozart. Il n’est pas sûr que leur rencontre n’ait pas été exempte d’une certaine rancœur ou compétition. Tous les deux avaient le souci de la performance. Une bien bonne chose contrairement à ce que disent beaucoup de bien-pensants. Et Boris Vian était passé par-là, bien sûr qu’il aurait mis un peu d’huile sur ce feu. Pour dire que les collages ne sont pas aussi faciles qu’il le semble au premier abord.

Qu’en est-il de Imbert ? A première écoute, une grande déception. Le collage ne fonctionne pas. Il manque l’amalgame.

A la deuxième écoute, le collage gagne en incohérence et la musique se laisse entendre. Mozart corrigé comme le Duke pour faire de l’Imbert. Pas toujours réussi, mais il y met du sien comme Marion Rampal qui trouve enfin sa place entre Duke et Amadeus.

A entendre et ne pas se contenter de sa première impression.

« Heavens. Amadeus & Duke », JazzVillage/Harmonia Mundi.

Un quartet Espérance.

Henri Texier a voulu le nom de « Hope Quartet », pour dire que l’espoir n’était pas mort, qu’il fallait croire en cette musique, en son avenir. Que la liberté existait, qu’il était en train de la rencontrer. Sébastien Texier, son fils – mais ce n’est pas dans les gênes la musique, fait la preuve qu’il est un clarinettiste original et révolté, qui fait subir à cet instrument toutes les avanies possibles pour lui faire dire encore et encore que le monde va mal, qu’il marche sur la tête, pour lui faire entendre une raison passionnée ; François Corneloup, comme à son habitude, fait jouer au baryton le rôle qu’il tient depuis un certain Harry Carney dans l’orchestre du Duke – Ellington – et Pepper Adams de découpage du temps au couteau, maître aussi du beat autant que le batteur. Batteur qui est la grande surprise de cet enregistrement en public sur la péniche « L’improviste » - un nom qui fleure bon le jazz et… Jacques Réda, un des grands poètes lié au jazz par toutes les fibres de son corps et de son esprit -, Louis Moutin qui prend de l’ampleur, se dégage de toutes les influences passées, devient lui-même par le biais de ce quartet. Et Henri ? Comme toujours, comme jamais comme si le fait de vieillir le dégageait de tout faux-semblant pour construire une musique déconstruite, pour suivre l’idée du moment. Il se jette et il jette les trois autres dans une aventure à corps perdu, à corps à corps, engagés qu’ils sont dans une sorte de paysage onirique. L’auditeur(e) ne peut pas résister. L’album de ce mois… Le quartet sera les 4, 5 et 6 avril 2013 au Jazz Club à Dunkerque…

« Live at « L’improviste », Henri Texier Hope quartet, Label Bleu/Harmonia Mundi.

Nicolas Béniès.

Autres articles de la rubrique Actualité musicale, chanson...

  • Festival de musique de Besançon-Franche Comté
    Cette notice complète la présentation de ce festival de musique classique, publiée dans le cahier "spécial festival" de l’US Mag 771 du 10 juin (S’évader pour se retrouver) Créé en 1948, complété par... Lire la suite (30 juillet)
  • Festival Mots en liberté
    Comme nous l’indique son président, Jacky PETIT, « le quatrième festival de Saint Cirgues en Montagne ne saura pas démentir le projet initial de l’ association " Mots en Liberté". Les artistes qui,... Lire la suite (18 juillet)
  • "Live, Tribute to Erroll Garner" Pierre Christophe quartet
    Cette citation de Boris Vian pour dire la place essentielle d’Erroll Garner. Cet autodidacte, un fait rare dans les mondes du jazz contrairement à une idée répandue, a été incapable de jouer deux fois... Lire la suite (16 juillet)
  • "Puente Atlántico"
    Un pont musical entre France et Guatemala, au service d’une cause chère à nous tous, l’éducation pour tous. Depuis le Guatemala nous arrive un son très estival, très festival, qui fait un pont entre... Lire la suite (30 juin)
  • « Exils… » concert du Trio Serge Utgé-Royo
    Le grand poète et chanteur Serge Utgé-Royo, de la trempe d’un Léo Ferré qui le programma –tout jeune- en première partie de concerts, que nous avons déjà présenté à l’occasion de sortie d’albums ou... Lire la suite (13 juin)