Actualité théâtrale

Jusqu’au 1er Août au Lucernaire

« Nuit blanche chez Francis »

Ce spectacle fait alterner chansons saynètes, aphorismes et calembours et nous entraîne dans l’univers de Francis Blanche qui fut un humoriste qui marqua son époque, souvent en compagnie de son compère Pierre Dac. Spécialiste du canular téléphonique et des feuilletons déjantés, Francis Blanche ne fut pas qu’un humoriste. Derrière le masque de l’homme colérique se cachait aussi des douleurs et une sensibilité que ce spectacle révèle.
Jean-Baptiste Artigas, Guillaume Destrem, Alain Dumas et Didier Le Gouic tous formés au Conservatoire de Toulouse, nous offrent avec « Nuit blanche chez Francis » un spectacle hautement réjouissant. On y retrouve, pour les plus anciens, et découvre, pour les plus jeunes, les calembours (« je suis athée comme une tasse ; la religion, je m’assois dessus : cela s’appelle le Saint Siège »), les aphorismes (« par souci d’économie on devrait supprimer les terminus des autobus »), les sketchs et les chansons où l’absurde le dispute à la dérision (« J’ai réchauffé un serpent dans mon sein » ou « Landru »). Il souffle sur la soirée un air de folie que les quatre acteurs chanteurs et musiciens orchestrent avec brio. La chanson « Le parti d’en rire » prend avec eux tout son sel : elle commence en chorégraphie à la Boléro de Ravel et se termine en posture de ballet révolutionnaire chinois. A l’image de Francis Blanche on les sent gourmands des mots, des accents, mais aussi capables de rendre la profondeur de certaines blessures : « y’a trop de misère » ou « les dimanches ratés ». Ils impriment à la soirée un rythme de tourbillon plein de folie et les spectateurs ont en sortant le sourire.
Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h.
Théâtre du Lucernaire
53 rue Notre Dame des Champs
75 006 Paris
Réservations : 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Rabelais »
    En 1968 Jean-Louis Barrault était prêt à monter à l’Odéon, théâtre qu’il dirigeait, un spectacle sur Rabelais, qui ne s’en tenait pas qu’à Gargantua et Pantagruel mais puisait aussi dans le Tiers, le... Lire la suite (12 décembre)
  • « Jusqu’ici tout va bien »
    Tout le monde a le souvenir d’un de ces repas de Noël où tout part en vrille. À la faveur de ce repas, souvent fort long et bien arrosé censé montrer l’amour que l’on porte à sa famille, il arrive que... Lire la suite (12 décembre)
  • « J’ai des doutes »
    François Morel a eu envie d’aller au paradis rendre visite à Raymond Devos. Cela commence par la petite musique de la chanson Le clown est mort et sur un grand coup de tonnerre Dieu-François Morel... Lire la suite (10 décembre)
  • « Europa (esperanza) »
    Sur une plage d’Alger deux jeunes, Nader et Djamel, 14 ans et 12 ans et demi discutent. Ils voient juste en face « l’Europe lascive Babylone ». De cette Europe ils n’ont qu’une miette, un portable, «... Lire la suite (9 décembre)
  • Des reprises
    La fin de l’homme rouge Reprise à L’Atalante, 10 place Charles Dullin, 75018 Paris du 3 janvier au 3 février Réservations 01 46 06 11 90 Deux parties : Le temps du désenchantement et Dix... Lire la suite (5 décembre)