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Un film de Paul Vecchiali (France)

"Nuits blanches sur la jetée" Sortie en salles le 28 janvier 2015.

Le 11 février 2015, ressortiront sur les écrans, quatre films réalisés par Paul Vecchiali entre 1972 et 1979, " L’étrangleur ", " Femmes, femmes ", " Change pas de main " et "Corps à cœur ".

Suivra, le 8 juillet, la ressortie de " En haut des marches ", Rosa la rose, fille publique ", " Once more" et "Le café des Jules".

Cette rétrospective proposée par Shellac Distribution est une façon de reconnaissance d’un cinéaste considéré comme un franc-tireur du cinéma français et dont la filmographie, toujours intéressante, comporte de véritables pépites.

Si on devait lui reconnaître une " famille", Paul Vecchiali appartiendrait à celle qui regroupe les noms d’autres metteurs en scène acharnés, défenseurs d’un cinéma libre et indépendants et qui, contre vents et marées ont réalisé leurs films en dehors des modes sur une même ligne, depuis des décennies : René Féret , Jean-Pierre Mocky ou Jacques Rozier…

Cinéma : Nuits blanches sur la jetée

En 2014, à plus de quatre-vingts ans, Paul Vecchiali a réalisé un film d’une étonnante nouveauté, d’une étonnante jeunesse : "Nuits blanches sur la jetée " qui est une libre adaptation de Dostoïevski mais qui se démarque totalement de celles qu’avaient bien avant lui réalisées Visconti ("Nuits blanches") et Robert Bresson ("Quatre nuits d’un rêveur").

Son film commence par la citation d’André Gide :" Obscurité, tu seras dorénavant pour moi la lumière".

Cette citation fait référence aux deux seuls personnages de l’histoire, Fédor et Natacha qui vont vivre une histoire lumineuse dans l’obscurité de la nuit.

Une femme rencontrée par hasard va imposer son charme et ses exigences (" Vous ne devrez pas tomber amoureux de moi") à un jeune homme rêveur qui ne serait qu’une silhouette si Vecchiali, par moments, ne lui donnait une subite et totale réalité (" Je suis instituteur ou professeur des écoles, si vous préférez")

Jeune homme timide, prudent, ne sachant aborder les femmes, il va pendant quatre nuits consécutives retrouver Natacha et, à chaque fois un peu plus resserrer les liens avec elle pour aller jusqu’à des projets concrets d’avenir.

Mais Natacha qui a aimé un autre homme et qui prétend s’en être détachée, sera-t-elle capable le moment venu, de se montrer assez amoureuse de Fédor pour renoncer totalement à son amour passé.

Un seul lieu, la jetée d’un port de la méditerranée, éclairé par les lumières de la nuit et les reflets de l’eau. Deux personnages à la fois éthérés et bien réels. Des dialogues fluctuants entre lyrisme et

langage quotidien. Quelques séquences oniriques…

Le nouveau film de Paul Vecchiali pourrait être un condensé de toute son œuvre. On peut y retrouver la limpidité narrative et la complexité de l’intrigue, le flou et le ciselé, la grande lumière et l’obscurité, les frôlements et les étreintes.

Il faut voir ce film et ces quelques autres, anciens, qui sortiront dans l’année pour découvrir ou redécouvrir un cinéaste dont l’œuvre aura, à défaut de marquer, teinté des décennies de cinéma français.

Francis Dubois

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