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Un film d’Emmanuel Finkiel (France)

"Nulle part, terre promise" Sortie en salles le 1er Avril

"Welcome", "Eden, à l’ouest" et "14 kilomètres", sortis sur les écrans récemment, traitent du problème douloureux de l’immigration clandestine. "Nulle part terre promise", même si un des épisodes du récit aborde de front le sujet, est aussi et peut-être surtout, un film sur le voyage, sur le déplacement et sur la recherche d’un port d’attache qu’il soit géographique ou mental.
Dans le projet initial qui devait regrouper cinq courts métrages sur l’Europe, Emmanuel Finkiel avait choisi de traiter le parcours de kurdes jusqu’à Calais. Mais le minutage réduit à 25’ était trop contraignant. C’est alors qu’est née l’idée de faire un film qui suivrait aussi d’autres personnages engagés dans des quêtes différentes et qui voyageraient dans une direction opposée, vers l’Est : un cadre qui surveille le déroulement de la délocalisation d’une usine depuis le Nord de la France jusqu’en Hongrie, une étudiante qui, au cours de voyages en train à travers l’Europe, tente de saisir des images de la misère…
Quoique en apparence différentes, les trois histoires avaient, en plus du thème de la migration, une parenté plus générale et il était possible de les associer, de les entrecroiser.
"Nulle part, terre promise" est un film sur le mouvement mais également un film intime qui fonctionne sur de petits détails saisis sur le vif, sur des gestes en apparence anodins mais qui, dans la foulée des récits, prennent sens et font la lumière sur des personnages au départ proches de l’archétype. Un kurde et son jeune fils, l’un et l’autre positifs et déterminés, voyagent illégalement avec comme objectif, l’Angleterre. Le but qu’ils se sont fixé ne leur laisse pas d’autre choix que d’aller de l’avant.
Une jeune étudiante, derrière l’œilleton de son caméscope est à la recherche d’images fortes mais au fond, sa quête véritable, n’est pas tant de rendre compte de la misère du monde que de trouver un sens à sa propre vie.
Un jeune cadre qui sait se montrer si féroce en affaires, mais qui se trouve complètement démuni quand il s’agit de lui-même.
Et les personnages les plus fragiles ne sont pas ceux qui sont les plus exposés.
Peu dialogué, le film qui chemine entre la fiction et le documentaire, à travers l’histoire momentanée de ces individus dont le destin final nous échappe, est un regard posé, une sorte d’instantané sur la société d’aujourd’hui. Un constat douloureux et parfois drôle, qui ne verse jamais dans la critique amère.
Francis Dubois

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