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Un film de Tonie Marshall (France)

« Numéro Une » Sortie en salles le 11 octobre 2017

Emmanuelle Bachey est une ingénieure brillante et déterminée qui a jusque là réussi un sans-faute professionnel.

Elle a gravi les échelons au sein de l’entreprise qui l’emploie, un géant français de l’énergie, jusqu’au comité exécutif.

Un jour, elle est contactée par un réseau de femmes d’affaires influent qui propose de favoriser son accès à la tête d’une entreprise du CAC 40.

Elle serait la première femme à accéder à une telle fonction.

Mais dans un domaine qui reste largement dominé par les hommes, les obstacles vont entraver son chemin et tous les coups seront permis pour l’amener à renoncer.

La conquête paraissait excitante mais, attaquée tant sur la plan professionnel que sur le plan privé, Emmanuelle Bachey, sera-t-elle assez forte pour résister, accéder au poste qu’elle convoite et relever le défi ?

Cinéma : Numéro une

Il y a quelques années, un projet de Tonie Marshall était de créer une série pour une chaîne de télévision, sur un réseau de femmes d’influence dans les milieux de la politique, de l’industrie ou de la presse.

Mais c’était le moment où Arte, la seule chaîne intéressée par son projet, diffusait «  Borgen » qui traitait d’un sujet très voisin.

Le projet a évolué au fil des années et des rencontres qu’a faites la réalisatrice avec des femmes occupant de hauts postes dans de grandes entreprises comme Anne Lauvergeon (Alcatel, Areva) ou Laurence Parisot (EDF, Michelin). Celles-ci lui ont confié que dans un monde essentiellement masculin, elles avaient connu des humiliations au quotidien, et c’est cette révélation qui a définitivement mis Tonie Mashall sur la voie de son sujet et lui a permis de l’affiner.

S’il est peut-être vrai que les femmes sont rares pour occuper des postes supérieurs, ce n’est pas qu’il n’y ait pas des femmes dont les compétences seraient suffisantes, mais c’est parce qu’elles ne s’autorisent pas à occuper de hautes fonctions et craignent (à juste titre) qu’occupant un poste convoité par un homme, elles s’exposent souvent à ce que leur vie devienne un enfer.

Cependant, le film qu’a réalisé Tonie Marshall est tout le contraire d’un film victimaire.

On imagine qu’une femme qui choisit d’occuper de hautes fonctions, prise dans le tourbillon de ses responsabilités, doit faire, du moins en partie, abstraction de ses relations naturelles avec son entourage, famille, amis...

L’Emmanuelle Blachey de Tonie Marshall sait préserver des moments privilégiés avec sa fillette ou avec son vieux père et c’est peut-être, dans le respect de son intimité que le personnage perd de sa crédibilité comme femme inflexible.

Emmanuelle Devos par son interprétation et Tonie Marshall par son écriture ont peut-être bien détourné le personnage de ses ambitions.

Et le film ouvre sur deux possibilités : ou bien l’interprétation très nuancée d’Emmanuelle Devos laissant apparaître failles de personnalité et fragilité, produit un personnage peu crédible pour incarner une vorace de la réussite. Ou bien le personnage est bel et bien cette vorace carnassière et là, la partition qu’offre la comédienne n’est pas totalement crédible.

Les films sont de plus en plus documentés sur les sujets qu’ils traitent. Celui de Tonie Marshall est sans doute exemplaire à ce titre. Mais c’est comme si on avait donné la priorité aux atmosphères de couloirs, aux rebondissements nécessaires à l’intrigue sans y accorder complètement le personnage féminin sur lequel repose tout une machinerie humaine machiavélique.

On peut voir le film avec intérêt pour ce qu’il offre à voir. Mais ce qu’il offre de plus magnifique, c’est la présence formidable de deux comédiens rares et vieillissants : Samy Frey dont le charme est intact et la voix toujours aussi envoûtante et Francine Bergé qui reste en dépit de ses apparitions rares au cinéma, la même grande dame...

Francis Dubois

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