Communiqués

Obstination coupable

Depuis la publication des projets de texte sur l’évaluation par la direction générale des ressources humaines, les personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation expriment leur indignation. La pétition en ligne recueille plus de 64000 signatures.

Le centre du désaccord, qui est par ailleurs la clé de voûte de la politique des ressources humaines de Luc Chatel, porte sur le rôle du chef d’établissement devenant l’unique évaluateur des enseignants.

Les chefs d’établissements, par leur recrutement, par leur formation, n’ont pas les compétences pour pouvoir évaluer les contenus d’enseignement. Ils n’ont pas non plus les compétences pour apprécier les choix pédagogiques et les choix didactiques des enseignants, autant d’éléments étroitement liés aux contenus disciplinaires. On est donc au comble de l’absurde en supprimant la double évaluation et le regard de l’inspecteur. Mais, tout aussi grave, cela signifie que ce qui se passe en classe n’est plus, aux yeux du ministre, la mission principale des enseignants, ce qui est vécu par ces derniers comme une marque de mépris à l’égard de leur métier. Il préfère de fait les inciter à se concentrer sur la périphérie de nos métiers, certes importante, mais qui ne constitue pas le cœur de l’activité enseignante.

Il oublie ou feint d’oublier que la raison d’être de l’Ecole et de tout système éducatif c’est l’enseignement, c’est ce qui se passe en classe car c’est là que se joue pour une part très importante le succès des élèves.

Dans une démarche de pure communication à laquelle nous sommes malheureusement habitués, il prétend que les discussions, voire les négociations sont ouvertes, tout en rappelant avec plus de discrétion mais avec détermination son refus de remettre en cause le principe d’une évaluation unique confiée au chef d’établissement.

Son refus de bouger sur ce point explique la détermination des personnels à poursuivre l’action syndicale par la grève de demain 15 décembre, pour obtenir le retrait de ce projet et l’ouverture de discussions sur d’autres bases.

Le SNES appelle les personnels à s’exprimer massivement par la grève le 15 décembre, à préparer les actions ultérieures nécessaires, à mettre en place dans leurs établissements toutes les actions visant à limiter strictement leurs activités à ce qui est obligatoire, à discuter avec les parents d’élèves sur les conséquences qu’aurait la mise en place d’un tel dispositif pour l’enseignement dispensé à leurs enfants, pour le cas où le ministre continuerait, avec le même aveuglement, à maintenir un projet très largement rejeté.

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