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Un film d’Emir Kusturica (Serbie – Royaume Uni – États-Unis)

« On the Milky Road » Sortie en salles le 12 juillet 2017

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Dans la Yougoslavie des années 90, la guerre fait rage.

Kosta, un laitier, traverse la ligne de front sur son âne chaque jour, échappant comme par miracle aux tirs fournis pour aller livrer ses bidons de lait.

Considéré comme un être à part, fantaisiste ou légèrement « différent », il verra sa vie bouleversée par l’arrivée au village d’une réfugiée italienne.

Bien que promise à un autre, la jeune et belle jeune femme ne sera pas indifférente au charme de Kosta.

Amenés à fuir ensemble après avoir miraculeusement échappé à la mort, ils sont entraînés dans une série d’aventures rocambolesques qui se solderont par un dénouement dramatique dans un contexte narratif qui le portera hors de la réalité...

Cinéma : On the milky road

On connaît le cinéma d’Emir Kusturica, la construction endiablée de ses films, le lyrisme de certaines séquences qui mettent ses histoires à cheval sur réalisme et fantastique.

« On the milky road  » qui s’inspire, aux dires mêmes du réalisateur, de plusieurs épisodes de sa propre vie, est une sorte de conte de fée moderne sur fond tragique de guerre.

Emir Kusturica définit son film comme une histoire toute simple dont les protagonistes sont une femme et un homme qui tombent amoureux et qui sont prêts à se sacrifier dans la nature.

Ce résumé est réducteur par rapport à un film multipliant les personnages et qui fait se succéder à un rythme trépidant, aux sons d’une musique submergeant des situations réalistes et un onirisme issu du plus ordinaire et du plus « rustique » des quotidiens.

Dans son film débordant d’imagination et qui emprunte différentes pistes de narration, le réalisateur ne se contente pas de multiplier la présence d’animaux divers. Il leur donne une fonction salvatrice en faveur de l’homme ; un épervier fidèle compagnon et veillant sur Kosta, des oies qui aboutissent dans le bassin où on déverse le sang du cochon qu’on vient d’égorger, qui en ressortent curieusement colorées et attirant un torrent de mouches, des moutons qui vont protéger le couple de fuyards et leur permettre d’échapper aux militaires sanguinaires, des chiens, des chats, un poule qui mène un incessant combat avec elle-même devant un miroir....

Kosta est interprété par Emir Kusturica. Le personnage apparaît comme une force de la nature invincible mais qui a pourtant ses fragilités. Et notamment dans ses choix. Alors qu’il aurait pu vivre une vie paisible et villageoise auprès de la jeune femme qui lui était promise, il préfère la plus mystérieuse, celle qui porte un secret et va l’entraîner dans des aventures rocambolesques.

La plantureuse Monica Belucci trouve ici un rôle nature, un peu proche de ceux qu’interpréta autrefois Sophia Loren, dans lesquels elle alliait sensualité et simplicité campagnarde.

Elle est imposante et magnifique dans le rôle de la réfugiée italienne.

Emir Kusturica n’avait pas fait jouer une star internationale depuis Johnny Deep et le choix de ces comédiens célèbres ne relève pas chez lui d’une tactique commerciale mais d’un choix réel, d’une concordance entre le personnage et l’interprète.

Un film immense, un film tourbillon qui emporte et submerge, violent et tendre.

Francis Dubois

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