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Un film de Andrew Okpeaha Maclean (USA)

 "On the ice" Sortie en salles le 14 décembre 2011

Qalli et Alvaaq, deux adolescents, amis depuis l’enfance, appartiennent à la communauté inupiaq. Ils vivent avec leurs familles dans une petite ville du nord de l’Alaska une existence paisible mais non exempte de questionnements. Ils aiment les fêtes, boire à l’occasion, parfois jusqu’à l’ivresse.

Ils aiment aussi chasser le phoque, et c’est lors d’une de ces expéditions en compagnie d’un de leurs amis que le drame survient. La bagarre qui s’est engagée entre Alvaaq et le troisième larron aurait pu être sans conséquences, mais un concours de circonstances débouche sur la mort de ce dernier.

Pris de panique, les deux adolescents font croire qu’à la suite d’une mauvaise manœuvre, le garçon a fait une chute en moto-ski et a été englouti dans une crevasse.

Pour les deux garçons rongés par la culpabilité, une longue période de mensonges reconduits commence.

Andrew O. Maclean avait tourné, en 2008, un court-métrage intitulé "Sikumi" , qui, même si les personnages y étaient plus âgés, contenait l’amorce du sujet de "On the ice".

Il importait au réalisateur de savoir comment, dans un pays où tout se règle à l’amiable, où il n’y a pas de prison, un personnage non-violent pouvait réagir face à un crime.

Le Nord de l’Alaska offre des paysages blancs et glaciaux qui créent une atmosphère très singulière. Les accoutrements des personnages, les modes de déplacements, les parties de chasse aux phoques à des fins économiques, les modes de vie réglés par les contraintes climatiques créent des atmosphères feutrées qui nous sont étrangères et par là même, décalent, dans une sorte d’exotisme, un récit qui ne présente en lui-même rien qui ne soit étranger à un fait divers dramatique classique.

Ce léger décalage nous laisse sur la touche, en observateur, et nous contraint à nous tenir éloignés de certains éléments du drame, d’indices, de clés, qui tiennent à des mœurs, habitudes de vie auxquelles nous n’avons pas totalement accès.

Mais plutôt que de réduire notre champ d’intérêt, cette frustration qui libère notre imaginaire, donne au récit le plaisir de l’énigme, du mystère à percer, d’une double vérité à dévoiler.

L’image est magnifique et l’on a du mal à imaginer que tant de blancheur étincelante puisque contenir autant de zones d’ombres.

Comme il n’existait pas de jeunes acteurs inuits expérimentés ayant l’âge des personnages principaux, Andrew Okpeaha Maclean a fait appel à des non-professionnels, et le résultat est époustouflant. Certains visages réussissent dans la non-expression des sentiments qui taraudent des compositions étonnantes.

"On the ice" réussit un parfait équilibre entre un vrai suspense et le portrait rude d’une communauté que le metteur en scène connait bien, Barrow, le village où se situe l’action et où a été tourné le film.

Francis Dubois

 

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