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Un film de Neil Jordan (Irlande)

"Ondine" Sortie en salles le 25 août 2010

Syracuse, un jeune pêcheur qui travaille en solitaire au large des côtes d’Irlande, ramène un jour dans ses filets une jeune femme agonisante à qui il rend la vie. Qui est cette Ondine à la beauté troublante dont la présence lui porte chance ? Annie, le petite fille de Syracuse, après s’être documentée, pense qu’elle est une créature de la mer.
"Ondine" est un conte fantastique dont le déroulement fonctionne sur des faits et des ressorts dramatiques bien réels. Et le film est dans cette tonalité, dans ce mélange, dès les premières images avec la découverte par Syracuse du corps de la jeune fille inanimée au milieu d’un banc de saumons frétillants.
La présence d’abord tenue secrète de la jeune fille qui refuse de livrer son secret, de donner le moindre indice sur ses origines et qui s’installe dans la cabane du jeune pêcheur va bénéficier de la sympathie de bon augure d’Annie, fillette précoce qui, souffrant d’une insuffisance rénale, se déplace le plus souvent en fauteuil roulant.
Le récit que propose Neil Jordan tient en haleine avec des éléments de suspens minimaux souvent attendus mais le plus souvent efficaces : la mère d’Annie est alcoolique. Elle est flanquée d’un compagnon qui l’est tout autant. Un homme à la mine patibulaire et au comportement inquiétant rôde autour de la cabane sans qu’on ne sache rien de la nature des liens qui l’unissent à Ondine. Une enfant à la maturité précoce, dont le fauteuil roulant est un poste d’observation idéal, saisit toutes les subtilités des événements dont elle est le témoin.
L’histoire d’amour entre Syracuse et Ondine sera-t-elle sacrifiée s’il s’avère que la jeune femme est bien une créature de la mer et qui, ou quel événement saura lever le voile du mystère ? Colin Farrel joue avec la nonchalance qui convient le rôle d’un homme brisé qui n’a jamais dit son dernier mot. Ses apparitions sont un atout important du film comme le sont des paysages maritimes irlandais qui, filmés dans ce qu’ils ont de plus crépusculaires, ne manquent ni de charme ni de charge dramatique.

Et l’on finit par s’attacher à cette histoire de vraie ou de fausse sirène, aux personnages qui la conduisent même si les ressorts narratifs ne sont pas haletants.
"Ondine" est au bout du compte un récit prenant.
Francis Dubois

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