Actualité théâtrale

au Vingtième théâtre

"Only connect" Jusqu’au 28 avril

« Á l’époque du téléphone portable, Roméo et Juliette ne peuvent plus se rater aussi bêtement que dans la pièce de Shakespeare », dit Robert un des personnages de la pièce. Les méthodes ont changé, mais en dépit de tous les réseaux qui leur donnent l’illusion d’être sans cesse en relation, les hommes passent à côté de l’amour, n’arrivent pas à être en phase et souffrent souvent de leur solitude.

Mitch Hooper, ancien assistant d’Harold Pinter, auteur et metteur en scène de la pièce, s’attache à six personnages qui fuient la solitude et cherchent l’amour. Ces six personnages sont bien typés et l’on évolue dans le monde des jeunes gens toujours connectés, il y a un psychanalyste, des gens qui travaillent pour la télévision, un banquier. Du côté des femmes il y a une tendance à écrire une histoire d’amour rêvée, du côté des hommes une aspiration à l’amour absolu en même temps qu’à la jouissance immédiate échappant à tout risque d’attachement. Accrochés au téléphone, aux SMS, à leur ordinateur, aux mails et aux sites de rencontre ils se lancent dans des relations chaotiques, ils se rencontrent, se séduisent, se disputent, se trompent, se manipulent et se mentent. Le monde a changé mais les hommes restent les mêmes, avec leurs névroses, leur orgueil, leur jalousie, leur désir, leur capacité à s’inventer des histoires et à faire souffrir, leurs déceptions et leurs frustrations.

La mise en scène de la pièce fait la part belle aux relations virtuelles qui se nouent entre les personnages. Ils sont six sur scène (tous méritent d’être cités : Daniel Berlioux, Anatole de Bodinat, Jade Duviquet, Didier Mérigou, Gaël Rebel et Sophie Vonlanthen) dans des espaces de jeu qui les séparent virtuellement. Il y a un grand lit au centre, des chaises, des tables et des ordinateurs. Ils passent d’un espace à l’autre. Derrière eux un grand écran affichent les sites, les mails, les SMS qu’ils regardent et échangent en flux continu. L’impression qui se dégage est celle d’un excès d’informations et d’échanges qui correspond au désordre des sentiments. L’un des personnages dit d’ailleurs « Il faut apprendre à être OK dans le chaos ». Cela pourrait s’appeler : de l’influence des nouvelles technologies sur le désordre amoureux. C’est ironique et plein d’humour et, sous le flot des mots qu’ils échangent en permanence, chaque spectateur entrevoit des émotions refoulées, des espoirs cachés qui le renvoient à sa propre histoire.

Micheline Rousselet

Du mercredi au samedi à 21h30, le dimanche à 17h30
Vingtième Théâtre
7 rue des Plâtrières, 75020 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 43 66 01 13

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