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Un film d’Arielle Dombasle (France)

"Opium" Sortie en salles le 25 septembre 2013

Au début des années 20, le chemin de Jean Cocteau croise celui de Raymond Radiguet. Celui-ci vient d’achever d’écrire " le diable au corps" dont il soumet la lecture à la référence littéraire qu’est le poète.

Cette rencontre va se solder par une passion dévorante entre les deux hommes et par leur addiction à l’opium.

Elle prendra fin avec la mort prématurée de Raymond Radiguet.

C’était un véritable défi que de réaliser un film sur cette période de la vie de Jean Cocteau en restant juste, au plus près de l’esprit de l’époque et de l’univers singulier de l’écrivain.

Il ne suffisait pas pour réaliser un film aussi abouti et de facture aussi originale, d’être comme l’est Arielle Dombasle, une admiratrice de Jean Cocteau, de son œuvre littéraire et de son œuvre cinématographique.

Il fallait beaucoup d’audace, un grand talent et tout autant de "folie".

Car il ne s’agissait pas de retracer cette période enflammée de la vie de Cocteau de façon linéaire, ni de s’attacher uniquement à la passion qui a uni les deux hommes.

Il fallait trouver la tonalité narrative qui conviendrait, les décors et surtout faire revivre la multitude de personnages qui gravitaient autour d’eux, tant à Paris que sur la Côte d’Azur. Des écrivains, des peintres, des musiciens, des danseurs, des créateurs de mode et des mécènes, et donner à chacun sa singularité.

Arielle Dombasle excelle dans la peinture de tous ces personnages, de la carnassière Marie-Laure de Noailles (Hélène Filières) à la marquise Casati (Marisa Berenson) en passant par Nijinski (Philippe Katerine) ou Audrey Marnay (Coco Chanel) pour ne citer qu’eux.

Elle sait, avec eux, créer ce tourbillon qui reproduit l’époque, inventer l’atmosphère, glisser sans crier gare vers la comédie musicale ou la comédie "dessinée" numériquement.

Il résulte de tant d’inventions et de tant de fidélité à l’univers du poète, d’un tel respect des décors et des costumes, un film enchanteur, complètement inclassable.

Il fallait à Arielle Dombasle pour "discipliner" tant d’audace, beaucoup de rigueur dans la fantaisie, un grand talent pour éviter la fausse note, une grande maîtrise de son projet pour échapper à l’excès.

Grégoire Colin n’est pas la réplique physique de Jean Cocteau. Il possède une force physique qui le différencie du poète. L’acteur (beaucoup trop rare sur nos écrans) crée un personnage distancié et tous ses partenaires contribuent à faire de ce film enchanteur, une œuvre d’une originalité réjouissante.

Une réussite.

Francis Dubois

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