Réforme Blanquer du lycée

BAC Blanquer

Options à la découpe !

Dans la nouvelle organisation du bac prévue pour la session 2021 dont les modalités entrent en vigueur dès la rentrée 2019 en Première, les options ne comptent pas , ou si peu. Seuls le latin et le grec bénéficient d’une valorisation en trompe l’oeil sous forme de "bonus". Aucune option ne bénéficie de financement fléché et toutes se trouvent forcément menacées par la pénurie de moyens et le rabotage des dotations horaires dites "d’autonomie" qu’il faut se partager localement.

  • Comment comptent les options dans le bac que nous promet le ministre Blanquer ? Pour pas grand chose ...

Dès octobre dernier, le SNES-FSU avait alerté pour souligner les contradictions ministérielles qui donnait l’illusion de valoriser les uns pour mieux fragiliser toute l’offre optionnelle d’enseignements : Voir ici l’interpellation du ministre

Pour comprendre mécanique de l’invisibilisation des options , il faut pour cela revenir à l’arrêté du 16 juillet 2018 :
"Article 2 : La liste et le coefficient des épreuves du baccalauréat général en contrôle continu sont fixés comme suit :
Un coefficient 30 est affecté à la moyenne des notes obtenues lors des épreuves communes de contrôle continu des enseignements suivants : Histoire-géographie ; Langue vivante A ; Langue vivante B ; Enseignement scientifique ; Education physique et sportive et l’enseignement de spécialité choisi par le candidat ne donnant pas lieu à une épreuve terminale.
Un coefficient 10 est affecté à la moyenne de l’évaluation des résultats de l’élève au cours du cycle terminal, attribuée par ses enseignants pour les enseignements énumérés dans le tableau suivant, chacun des enseignements comptant à poids égal."

Pour traduire, cela signifie que les options sont évaluées pour l’examen dans le cadre habituel du cours et que la note trimestrielle est noyée dans la moyenne totale, incluant toutes les matières (soit au moins 10, voire 11 si l’élève a 2 options). Cette moyenne générale, calculée sur les deux années du cycle terminal, se voit attribuer le coefficient 10, sur un total de 100. L’évaluation d’une option ne pèsera donc que pour 1%, au mieux, dans la moyenne générale de l’examen.

  • Quel avenir pour ces options ainsi effacées du financement comme de l’évaluation au baccalauréat ?

Le ministre a tenté d’éteindre la contestation en revenant uniquement sur la situation des langues anciennes, et encore, de façon partielle. L’Arrêté modificatif LCA du 31 décembre 2018 laisse croire qu’on revient à la situation actuelle du point de vue de la prise en compte au Bac : à l’article 2 de l’arrêté du 16-7-2018 susvisé, il est ajouté un alinéa ainsi rédigé : « Le cas échéant, les points excédant 10 sur 20 de l’évaluation des résultats de l’élève au cours du cycle terminal pour chaque enseignement optionnel Langues et cultures de l’Antiquité, retenus et multipliés par un coefficient 3, s’ajoutent à la somme des points obtenus par le candidat à l’examen. » Or, pour revenir à la situation actuelle, si l’on tient compte du poids relatif des coefficients, il faudrait multiplier par plus de 2 ces points bonus ...
Et pour toutes les autres options, bénéficiant actuellement d’un bonus équivalant au double des points au dessus de la moyenne, rien n’est prévu.
Les enseignements artistiques, les langues vivantes étrangères et régionales, la langue des signes française (LSF), l’EPS, les futures options de maths et de droit en Terminale générale... ça ne compte pas, plus ou si peu !

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