Lycée CHATEL 2010 : analyses du SNES

Organisation du lycée et des enseignements

Autonomie locale renforcée

Propositions du ministre :
- S’adapter à l’hétérogénéité des publics ; dédoublement seulement dans un cadre local par rapport aux problèmes locaux ; C’est le conseil pédagogique qui représente les profs et prend les décisions.
- Veut l’application du principe de subsidiarité « la réforme n’est là que pour offrir un cadre aux dispositifs innovants déjà en place et permettre leur généralisation » (Cambrai)

Nos critiques :
- L’Education Nationale est mise à mal. Pas de mention de grilles horaires nationales dans le projet.
- Pas de texte de cadrage sur les dédoublements qui sont pourtant une nécessité pour chaque discipline car la méthodologie est spécifique à chaque discipline. C’est là où on peut repérer, anticiper, comprendre…
- Le conseil pédagogique n’a pas de légitimité, n’est pas reconnu par beaucoup de collègues : il ne doit pas être imposé comme lieu de décision
- Les enquêtes internationales montrent que le « localisme » des dispositifs dans le cadre de l’autonomie conduit à un renforcement des inégalités entre élèves dans les contenus.

Nos propositions :
- Des pratiques pédagogiques diversifiées sont nécessaires et nécessitent de pouvoir travailler en petits groupes. Cela doit être cadré au niveau national pour une affectation suffisante des moyens.
- Les expérimentations doivent se voir accorder des moyens supplémentaires ciblés.

2h accompagnement et horaires disciplinaires en 1ere et terminale.
Les stages comme réponses aux difficultés des élèves

Propositions du ministre :
- Ces deux heures d’accompagnement sont l’horaire prévu en petits groupes ( ?). ils sont sur le temps scolaire actuel, car il ne faut pas alourdir l’horaire élève : elles seront prises sur l’AI en seconde et sur les disciplines en 1° et en terminale.

Nos critiques :
- Bel aveu : on dégrade l’enseignement sur les 9/10ème de l’horaire élève, mais on fait « un peu mieux » sur 2h/semaine…Si le travail en petits groupes est mieux pour l’enseignement, alors pourquoi ne pas généraliser le principe ? Car il est plus efficace.
- Le problème de l’alourdissement de l’horaire élève n‘est plus évoqué quand il s’agit du temps des vacances, via les « sas » et stages de vacances…
- Sans oublier les problèmes posés par l’ouverture des établissements à l’ensemble des personnels.

Nos propositions :
- Le travail en petits groupes hétérogènes ou en groupes de besoins comme devraient le permettre les modules en seconde peut être un moyen de réduire les difficultés des élèves.
- Il faut respecter le temps des vacances.

Enseignements d’exploration et options facultatives

Propositions du ministre :
- En seconde, il s’agirait d’un enseignement général et d’un enseignement technologique, chacun avec un horaire d’1,5H hebdomadaires sur l’année, l’organisation étant laissée au niveau local.

Nos critiques :
- Cette organisation laissée au niveau local pourrait faire revenir la semestrialisation par la fenêtre (3H sur ½ année, demandée par certains établissements).. Aucun dédoublement n’est cadré.
- Elle ne permet plus le choix de deux options technologiques en seconde.
- Les options facultatives ont disparu du projet, en seconde comme en première et terminale.

Nos propositions :
- Le cadrage des enseignements dits « d’exploration » doit être national, on ne peut avancer sans travailler le contenu de ces enseignements en lien avec les séries en classe de première.
- Les options facultatives doivent être maintenues.

Evolution des séries en première

Propositions du ministre :
- Tronc commun en premières (par voie ?) et début de spécialisation.
- Maintien affiché de séries.
- La possibilité de changer de séries sera apportée en cours d’année.

Nos critiques :
- Le maintien de séries identifiées n’est pas vérifié dans le projet. Avec le tronc commun en première, la spécialisation est de fait reportée dans sa plus grande partie en terminale. La première deviendrait une « super seconde » ce qui peut être fortement démobilisateur pour certains élèves, qui on commencé à faire des choix.
- L’horaire actuel sera diminué de 2h pour abonder l’accompagnement.
- Le changement de série en cours d’année ne peut être organisé sans un travail de réflexion sur les contenus, que semble ignorer le ministre.

Nos propositions :
- Autre chose est la spécialisation progressive que préconise le SNES et qui ne partirait pas d’un tronc commun mais d’enseignements et de pratiques liées aux séries. . La voie technologique doit être identifiée dès la classe de première.
- La notion de « passerelles » d’une série à l’autre que défend le SNES doit être travaillée précisément.

Langues Vivantes

Propositions du ministre :
- Nécessité d’améliorer les résultats.
- La LV2 serait dans le tronc commun.
- Généraliser les groupes de compétence et utiliser les nouvelles technologies pour des progrès rapides.

Nos critiques :
- Maintien des horaires plancher.
- La mise en place de groupes de compétence, contestée par le Snes, ne garantit en rien un allègement des effectifs, en particulier en seconde. Elle conduit le plus souvent à des groupes de niveaux chargés dans lesquels les élèves sont enfermés.
- Placer un élève seul devant un ordinateur fût-il connecté à Internet n’a de sens qu’avec une présence et un travail approfondi, initié, accompagné et évalué par un enseignant
- Le fétichisme de la technique ne remplace pas l’interaction langagière, pour laquelle il faut des effectifs faibles et qui n’exigent pas alors d’homogénéité des niveaux.
- La question d’une éventuelle évaluation par groupes de compétences pourrait remettre en cause l’organisation des épreuves du baccalauréat. Elle pose la question des évaluations fractionnées, mises en place dans le monde du travail pour définir les conditions d’une adaptation à un poste mais ne correspond pas aux objectifs du baccalauréat.

Nos propositions :
- Le Snes demande que l’horaire hebdomadaire élève en Langues vivantes ne soit pas inférieur à 3H à tous les niveaux.
- Un groupe de langues ne devrait pas dépasser 15 élèves. Dans ces conditions l’hétérogénéité ne représente plus un obstacle insurmontable, voire peut être un facteur positif.
- Il demande que la référence des enseignements en LV ne devienne pas l’application bornée du CECRL mais s’appuie sur les programmes de l’EN.
- Il exige que la recherche d’une plus grande diversification des LV en lycée ne soit pas un simple affichage.

Quelle aide à l’orientation ?

Propositions du ministre :
- Propositions d’un livret de compétences, et d’un passeport à l’orientation, dans le cadre d’un travail d’orientation « active » de la part des élèves individuellement.
- Au nom de la citoyenneté et de l’engagement : prendre en compte le jeune et non seulement l’élève.

Nos critiques :
- Le livret de compétences au collège ne donne pas satisfaction.
- le passeport à l’orientation est l’individualisation de la relation entre l’élève et le système scolaire (consommateur d’information, investisseur en capital humain, l’école n’est un prestataire de service). La relation pédagogique est autre.
- En terme de contenu, l’évaluation de l’ « engagement » de l’élève pose les questions de l’évaluateur, des critères et un risque lourd de discrimination et d’injustice.

Nos propositions :
- Plutôt que d’imposer en permanence des situations d’évaluation dans la vie des lycéens, il faut créer les conditions d’un regard croisé formateur sur les élèves, qui intègre tous les membres de la communauté éducative, et donne toute leur place aux COP et aux CPE par exemple.

Autres articles de la rubrique Lycée CHATEL 2010 : analyses du SNES