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Un film de Yann Coridian (France)

"Ouf" Sortie en salles le 27 février 2013

Quarantenaire encore hésitant sur le cours à donner à son existence, François, marié et père de deux enfants, après un énième dérapage, s’est retrouvé en hôpital psychiatrique.

A son retour, Anna, la femme de sa vie, le congédie.

Ballotté entre un père faussement protecteur, une mère psychanalyste qui le reçoit entre deux patients, une psychiatre aux manières maternelles et sa meilleure amie toujours au bord de la crise de nerfs, François ne s’y retrouve pas.

La seule chose dont il est certain, c’est de vouloir reconquérir Anna…

Le film de Yann Coridian réunit tous les éléments pour faire une comédie. Il pourrait tout autant être un drame.

Or il est les deux à la fois et peut tout aussi bien n’être ni l’un ni l’autre.

C’est un film qui se faufile entre les genres et c’est là que réside tout son charme, dans ses demi-teintes conduites à merveille par une cohorte de comédiens discrets jusque dans l’excentricité ou pour exprimer la souffrance.

"On devrait créer dans les hôpitaux psychiatriques un bâtiment spécial réservés aux chagrins d’amour" car les chagrins d’amour engendrent des folies douces, des folies douloureuses mais pas des folies dangereuses.

François est amoureux d’Anna, son épouse, quoi de plus naturel. Quoi de plus louable. Mais c’est un être léger comme une plume qui ne sait pas par quel bout prendre la vie, pour être un mari ou un père, un fils ou un ami plausibles.

Personne ne l’y aide. Ni Anna qui le quitte, ni sa mère qui le couve, ni son père qui le materne, ni sa meilleure amie qui n’est pas bien dans sa peau.

Le moyen, la force de se tirer d’affaire, François les trouvera dans l’élaboration de toutes les stratégies pour reconquérir Anna.

Eric Elmosnino appartient à la catégorie des comédiens qui sont aussi convaincants au cinéma qu’au théâtre. En homme battu par" tous les vents" de la vie, il est formidable et il n’a pas son pareil pour mêler dans son regard de teckel triste, les signes de l’abattement et cette minuscule touche de malice qui nous annonce qu’il sera bientôt récompensé de sa ténacité.

Sophie Quinton sous ses apparences de statuette de porcelaine est une Anna farouche, battante, déterminée.

Les accompagnent dans cette aventure douce-amère, l’italienne Valéria Golino, le toujours fringant Luis Rego, l’irrésistible et trop rare Evelyne Buyle, Anémone ou Brigitte Sy.

Il y a dans la production française, des films insignifiants que le public ignore à juste titre, des grosses productions chaussées de gros sabots qui font des centaines de milliers d’entrées et puis, il y a des films discrets comme " Ouf" , merveilleusement photographiés, dialogués, interprétés, de vrais joyaux dont le public devrait flairer puis reconnaître les nombreuses qualités après avoir passé un très agréable moment dans une salle obscure.

Francis Dubois

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