Actualité théâtrale

Jusqu’au 10 mars au Studio Hébertot

« PSYcause(s) 3 »

Cela fait maintenant plus de dix ans que Josiane Pinson nous accompagne dans les méandres de notre inconscient, sous les traits d’une psychanalyste. Le temps a passé, elle est désormais grand-mère et vient de perdre sa mère. Elle navigue des vies chaotiques de ses patientes à son propre parcours de vie, guère plus tranquille, entre ses ex et leurs nouvelles compagnes et ses enfants qui lui disent qu’ils auraient préféré, quand ils avaient mal à la tête, qu’elle leur propose un Doliprane plutôt qu’une psychanalyse. Sans compter les petits-enfants et une mère qui s’obstine à lui parler de l’au-delà. Elle arrive à nous faire rire non seulement de ses patients plutôt déjantés mais aussi de ses propres frustrations, de son angoisse du vieillissement et de la solitude et même de la perte de sa mère, béquille si encombrante, mais aussi si tendre.

Théâtre : PsyCauses 3

Josiane Pinson a écrit le texte de « PSYcause(s)3 » et l’interprète. Son texte est drôle, cachant parfois la gravité sous un humour aigre-doux qui titille l’émotion. Elle est le reflet de nos questionnements quand elle évoque le besoin d’amour, la difficulté d’être « une bonne mère » ou d’être « fidèle à la polyfidélité » !

Elle incarne la psy et ses patientes, utilisant son grand fauteuil orange et ses lunettes pour nous faire passer avec virtuosité d’un personnage à l’autre. Il y a toute une smala autour d’elle, entre ses clientes et cette famille, décomposée et recomposée, à géométrie très variable qui l’entoure.

La mise en scène de Gil Galliot est discrète, mais efficace. Des voix off accompagnent la psy. Judith Magre en particulier est délirante, mettant sa voix moqueuse au service de sa mère qui s’adresse à elle de l’au-delà. À la fin, elle nous quitte. « Fuck la psychanalyse », elle part avec sa valise, la saga est terminée et on regrette de la quitter, elle et ses patients.

Avec finesse, Josiane Pinson nous a fait rire, en trois saisons, de nos petitesses, de nos failles, de nos inquiétudes, de nos déceptions, bref de « notre pauvre condition de mortels », comme elle le dit. C’est à la fois drôle et émouvant et elle est superbe.

Micheline Rousselet

Le lundi à 19h, le samedi à 17h et le dimanche à 19h30

Studio Hébertot

78 bis Boulevard des Batignolles, 75017 Paris

Réservations : 01 42 93 13 04

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Illusions perdues »
    Après ses brillantes adaptations d’Homère ( Iliade puis Odyssée ) et de Chanson douce de Leïla Slimani, Pauline Bayle s’est lancé dans l’adaptation du roman de Balzac. C’est au fonctionnement du... Lire la suite (17 mars)
  • « L’éveil du printemps »
    La pièce de Franck Wedekind fit scandale a son époque (1890) et fut interdite de longues années pour pornographie. Elle offrait un regard osé sur la jeunesse, défendait le désir adolescent et pointait... Lire la suite (16 mars)
  • « Médéa mountains »
    Alima Hamel, la jeune poétesse, musicienne et chanteuse d’origine algérienne évoque ici son histoire personnelle. Elle se souvient du bonheur des vacances familiales quand elle quittait Nantes avec... Lire la suite (12 mars)
  • « Le pays lointain (Un arrangement) »
    C’est l’ultime pièce de Jean-Luc Lagarce mort à 38 ans, en 1995, quelques jours après l’avoir terminée. On y retrouve le thème du retour de l’enfant prodigue parmi les siens. Louis revient, au pays... Lire la suite (11 mars)
  • « Sganarelle ou le cocu imaginaire »
    Dans la jolie salle en bois du théâtre de l’Épée de Bois, la Compagnie Aigle de sable présente une pièce de Molière de 1660 où l’on trouve encore des éléments de la commedia dell’arte mais où Molière... Lire la suite (10 mars)