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Un film de Christopher Zalla (USA Argentine)

"Padre Nuestro" Sortie en salles le 6 janvier 2010

Juan et Pedro, deux jeunes mexicains ont le même projet, émigrer à New-york. Ils se rencontrent dans le camion qui les transporte clandestinement, sympathisent et se confient l’un à l’autre. Pedro doit retrouver son père qu’il n’a jamais connu, qui ignore tout de son existence mais qui possède à Brooklyn, un restaurant. Le garçon a, au fond de son sac, une lettre de sa mère dans laquelle elle apporte les preuves irréfutables de leur parenté.
Mais à leur arrivée à Brooklyn, Juan s’est volatilisé avec le bagage de Pedro.
Pendant que Juan, muni de l’adresse du restaurant, retrouve trace du père de Pedro et se fait passer pour lui, celui-ci fait la connaissance de Magda une fille paumée qui va accepter de l’aider, contre le peu d’argent qu’il possède, à retrouver l’adresse du restaurant.

Il faudrait prendre le temps de répertorier, parmi les films sortis cette année, ceux qui traitent du sujet de l’émigration clandestine. Leur nombre, qui à coup sûr surprendrait, atteste de la généralisation du sujet brûlant qu’ils traitent, de son urgence et de l’importance que lui accorde le jeune cinéma à travers le monde.
L’émigration mexicaine conduit aux Etats-Unis de très jeunes gens de 16-17 ans qui espèrent y travailler suffisamment de temps pour amasser un pécule leur permettant, au bout d’une trentaine d’années, de retourner chez eux et d’y vivre une retraite paisible. Une des difficultés qu’ils rencontrent est de trouver un endroit sûr où cacher leurs économies, les comptes en banque leur étant interdits sans carte de séjour. C’est le cas de Diégo, le père de Pedro qui a dû murer son pécule.
Mais Christopher Zalla, une fois le nœud narratif planté, se détache du sujet initial et pose la question de la paternité et des liens du sang. L’usurpateur d’identité, même s’il n’est guidé que par la roublardise, parvient à établir une relation père-fils avec cet homme pour la seule raison qu’ il compte bien le délester de ses économies. Mais que Zalla le veuille ou pas, son film revient sans cesse au problème de l’émigration puisque le réel moteur de l’intrigue est l’isolement, la solitude et le fameux rêve américain…
"Padre nuestro" est un film efficace même si les ressorts narratifs sont un peu attendus, s’il a, pour traiter un sujet douloureux, recours aux recettes du thriller. La construction qui met l’histoire des deux personnages en parallèle n’est pas toujours du meilleur effet. Mais le Brooklyn des émigrés sans papiers et de tous les laissés pour compte est certainement très juste et le récit qui bouleverse atteint son but…
Francis Dubois

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