Palestine

État des lieux L’US N° 784 du 24 novembre 2018

Fin octobre, une délégation de syndicalistes
(FSU, CGT et FO) d’Île-de-France s’est rendue en
Palestine.

La délégation a rencontré des syndicalistes
palestiniens ; le syndicat PGFTU
(Palestine General Federation of Trade
Union), organisation liée à l’autorité
palestinienne, ainsi qu’un syndicat indé-
pendant la GFIU (General Federation of
Independant Unions). Ces interlocuteurs
ont tous insisté sur l’exploitation et la
discrimination que subissent les travail-
leurs palestiniens en Israël (salaires et
protection sociale bien inférieurs à la
norme israélienne), la seconde centrale
pointant aussi la non-application de la
loi du travail dans les territoires pales-
tiniens, loi pourtant votée en 2002.

Sur le terrain

Les syndicalistes français ont égale-
ment rencontré des ONG comme BDS
(boycott, désinvestissement, sanction).
Pour cette dernière, si le boycott
entraîne des difficultés supplémen-
taires pour le peuple palestinien,
il y est cependant préparé. Cette stratégie,
soutenue par les organisations syndi-
cales palestiniennes, commence à
montrer son efficacité.
La délégation a également observé le
quotidien des populations. Elle a été
reçue par la famille Tamimi dont la fille
Ahed (17 ans) a passé huit mois en prison
pour avoir giflé un soldat israélien. Elle
a échangé avec un responsable agricole
qui arrive à maintenir son exploitation
malgré les pressions des colons
implantés au-dessus de ses terres. Puis
elle a recueilli les témoignages d’Israé-
liens : un syndicaliste de la coalition
Hadash ainsi que la fondatrice d’une
ONG pacifiste « décolonisée ».
Tous les interlocuteurs ont insisté
sur le sens de leur combat : ils luttent
pour la liberté et une société sans discri-
mination, ainsi le racisme, dont l’an-
tisémitisme, leur est étranger.
Aux check points, l’omniprésence de
l’armée israélienne, particulièrement
aux abords des colonies, de plus en
plus nombreuses, est une réalité. À ces
frontières, la ségrégation est vraiment
palpable, notamment le long du mur
et dans les camps de réfugiés.
Un compte rendu collectif et inter-
syndical sera publié, et chacun est
revenu avec la volonté de témoigner
et de développer les liens qui ont été
noués.

Michel Galin

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