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Un film de Sylvie Ohayon (France)

"Papa was not a Rolling Stone" Sortie en salles le 8 octobre 2014

Comme son titre ne l’indique pas, "Papa was not a Rolling Stone" est un film français, un premier film réalisé par une metteure en scène qui a grandi dans une cité à La Courneuve, qui s’en souvient et qui a réuni, pour écrire son scénario, personnages typiques, atmosphère morose, aïeuls vigilants et formateurs, velléités d’accès à un vie meilleure, témoignages d’amitié bourrue et dialogues hauts en couleur… Cinéma -"Papa was not a rolling stone"

Dans les années 80, Stéphanie grandit dans la Cité des 4000, à La Courneuve, entre une mère immature et un beau père violent qui refuse de voir le moindre point commun entre la danse moderne qu’il exècre et le foot !
Très vite, elle décide d’échapper à ce quotidien terne. Ses qualités de bonne élève, l’amour de sa grand-mère, son goût pour la lecture, sa passion pour la danse et pour… Jean-Jacques Goldman vont contribuer à la mettre sur le rail de la vie qu’elle a toujours rêvée.

Le film de Sylvie Ohayon alterne personnages et situations crédibles et qui parfois font mouche avec d’autres, au contraire toutes en caricatures et clichés tels qu’ils finissent par altérer tout le reste.

D’un bout à l’autre du récit, on est tour à tour intéressés et excédés. La palme de l’interprétation caricaturale et du mauvais goût affligeant revient à Marc Lavoine et au beauf qu’il interprète de la pire des façons, depuis la hargne des flashs-back à la veulerie de la période actuelle.

A l’inverse, la jeune Doria Achour et Rabah Naït Oufela nous donnent des personnages touchants, sortes de Roméo et Juliette contemporains (elle est juive et lui est arabe) et on accroche volontiers à leur histoire d’amour sacrifiée.

Entre les deux, certains personnages nous soumettent à une sorte de douche écossaise, étant tour à tour traités de façon juste ou caricaturale.
Ainsi le personnage de Fatima, la copine arabe de Stéphanie, touchante et rigolote comme il conviendrait hors excès, si on n’en faisait celle qui se fait sodomiser dans les caves pour arriver vierge (!) à un mariage d’amour auquel elle ne croit pas. Et au moment où la justesse reprend possession du personnage, on lui fait débiter tout un catalogue de répliques imagées dont on est vite saturés.

Pour le reste, on aborde plutôt bien mais sans surprise, la cohabitation des juifs et des arabes, l’esprit de solidarité qui règne dans les banlieues mais n’exclut pas les conflits et en sourdine, l’arrière-plan des trafics habituels assortis de la manipulation de liasses de billets de banque.

Stéphanie passera obligatoirement par le test de grossesse positif avant de se diriger vers la sortie de cette existence qui l’oppresse.
Il aurait sans doute suffi de sacrifier quelques séquences inutiles ou trop appuyées pour que cette comédie fasse mouche et emporte l’adhésion.
En l’état, le film nous fait laisse dans l’expectative. Quelques moments inspirés, justes ou savoureux, suffisent-ils à notre plaisir de spectateur ?

Francis Dubois

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