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Un film de Camille Fontaine (France)

"Par accident" Sortie en salles le 14 octobre 2015

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Un soir Amra, une jeune mère algérienne récemment installée en France, renverse accidentellement un piéton.

Celui-ci est entre la vie et la mort.

Ravagée par la culpabilité et la certitude qu’à la suite de l’accident, elle n’obtiendra jamais ses papiers français, elle est miraculeusement disculpée par le témoignage d’Angélique qui dit s’être trouvée sur les lieux quand elle a vu le piéton se jeter sous la voiture.

Angélique est aussi libre et décomplexée qu’Amra est discrète, effacée, sauvage et introvertie.

Les deux jeunes femmes deviennent amies pendant que l’attitude d’Angélique devient de plus en plus suspecte.

Mais, au bout du compte, qui d’Amra ou d’Angélique est la plus calculatrice….

Cinéma : Par accident

Il y avait, avec ce point de départ du récit, matière à écrire un scénario propre à installer un climat de tension à partir de personnages ordinaires et de situations liées au quotidien, de graduer le malaise pour accéder au thriller.

Mais très vite, la scénariste-réalisatrice Camille Fontaine fait fausse route avec des éléments narratifs inutiles qui conduisent à une surcharge du récit, le rendant de plus en plus artificiel puis franchement non crédible.

Amra et sa famille habitent-ils une caravane au fin fond de la forêt pour échapper à leur situation de sans-papiers ? Ou bien, comme le déclare Camille Fontaine dans le dossier de presse, est-ce une allusion au conte de fée ?

Le décor de sous-bois n’apporte rien au récit même s’il fait dire à Angélique qui est citadine jusqu’au bout des doigts, dans un premier temps " Mais c’est horrible, ils vivent dans un taudis !" puis dans un second temps " Mais quelle chance ils ont de vivre là !"

Image d’Épinal de la famille unie dans l’adversité, des situations qui sonnent faux, des maladresses allant jusqu’à la vulgarité gratuite, des dialogues mal fagotés ; tout concourt à faire tomber le film dans une sorte de marasme narratif, de fourre-tout frisant l’incohérence.

Le film est, de ce point de vue, tellement indigeste qu’on accueille la toute fin, des séquences de course poursuite sur les routes escarpées de l’arrière-pays aixois, avec une sorte de soulagement mais c’est pour aussitôt se rendre compte que les scènes qui nous tiennent en haleine ne sont qu’un poncif, la reprise au crissement près des pneus de scènes vues et revues depuis des décennies, privées de photographie et d’efficacité.

Dommage pour Hafsia Herzi qui fait ce qu’elle peut dans l’étroite marge où on la cantonne. Dommage pour Emilie Dequenne, méconnaissable de vulgarité dans le rôle incertain d’une bimbo-bonne fille…

Francis Dubois

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