Année 2018-2019

ParcourSup : Supplice chinois et choix politiques lourds (Toulouse)

On nous avait dit : « les attendus sont utiles aux élèves pour cerner le profil attendu » ; « il y aura plus de transparence dans le recrutement » ; « il ne s’agit pas de sélection là où il n’y en avait pas » ; « tout le monde aura une place » ; « ce sera moins stressant pour les élèves ».

On a en effet dit beaucoup de choses, et la réalité a été bien loin de ces beaux discours, répétés contre l’évidence. On nous a dit, les bacheliers ont vécu, nous avons vu !

Depuis novembre, le Snes-Fsu alerte sur les problèmes générés par ParcourSup. Il en dénonce surtout la logique masquée de tri social : la liste des capacités d’accueil des formations supérieures de l’académie confirme que tous les outils sont en place pour un pilotage rectoral resserré de l’orientation des bacheliers, y compris par des objectifs fixés on ne sait comment : 10 % de places réservés à des boursiers dans certaines STS, 38 % dans d’autres. Un tel pilotage ne pourra qu’accroître à l’avenir la sélection post-bac – déjà opérée cette année dans les filières « en tension » -, sans parler de la tentation d’une adéquation immédiate aux besoins de formation d’un « marché de l’emploi » pourtant fort mouvant.

Multiples effets

Les retours parvenus début juillet montrent aussi un autre visage de ParcourSup, qui a perduré tout l’été. D’une part, une difficulté de remplissage en CPGE, STS, autour de 80 % seulement à une semaine de la rentrée. D’autre part, une attente prolongée pour les futurs étudiants, qui, s’ils ont majoritairement une place dans une formation, ont continué d’attendre en vain tout l’été des propositions plus satisfaisantes. Le Ministère a bien accordé quelques places supplémentaires ici ou là, mais n’a rien pu faire pour réduire les blocages inhérents au système d’attente. Il a prévu l’ouverture dans 10 lycées de l’académie de classes « Passerelles » destinées à recueillir, en attendant des jours meilleurs, les bacheliers technologiques et professionnels sans affectation, mais la question des moyens alloués et des programmes est entière à ce jour...

Il paraît probable que les formations hors ParcourSup, notamment privées, auront, elles, fait le plein ; que des étudiants auront dû renoncer à une poursuite d’études pour une entrée forcée sur le marché du travail. Il est certain que beaucoup d’étudiants ont dû s’installer au dernier moment, après avoir renoncé à une possible amélioration des propositions, tout simplement pour avoir le temps de s’organiser.

Sylvain Lagarde, Pierre Priouret
Secteur lycées

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