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Un film de Hafsteinn Gunnar Sigurdsson (Islande-Danemark-France)

"Paris of the North" Sortie en salles le 18 mars 2015

culture/cinéma Hugi, la trentaine, est instituteur dans la petite école d’un village de cent cinquante âmes, situé dans le Nord-ouest de l’Islande face à une impressionnante montagne.

Ils sont trois à se retrouver régulièrement au cours d’une réunion d’alcooliques anonymes, le père d’Erna ex-compagne d’Hugi, Hugi et le père d’Albert, l’enfant d’Erna.

Les projets d’avenir d’Hugi sont lents à se préciser et au moment où surviennent les vacances, il se livre à deux activités essentielles, courir sur des kilomètres et jouer au football avec Albert. Ces activités l’aident à mener à bien son projet de ne plus absorber une seule goutte d’alcool.
La visite inattendue de Veigar, son père qui n’a que dix-huit ans de plus que lui, va bousculer l’existence un peu trop tranquille d’Hugi.

On n’a pas l’habitude de voir au cinéma ce genre de films et ces sortes de paysages dont il se dégage à la fois, la beauté d’une nature sublime, un charme presque dérisoire et un sentiment d’isolement et de solitude, une impression de bout du monde.

Face aux maisons à l’architecture sommaire, disséminées dans la vallée (on n’aura une vision générale du village qu’à la fin du film), se dresse cette immense montagne qui apparaît comme un obstacle infranchissable.
Les personnages de l’histoire, y compris le jeune Albert, semblent avoir pris leur parti de cette sorte d’enfermement. Ils ont organisé leurs vies autour de liens familiaux possibles ou impossibles et perpétuent, dans des conditions réduites, ce qui fait le charme et le désagrément des relations des êtres entre eux.

Le scénario de "Paris of the North" a été écrit spécialement pour ce lieu, ce village de pêcheurs où le personnage principal a choisi de séjourner pour échapper aux complications de la vie urbaine.
Ce village, creuset de multiples nationalités : thaï, philippine, polonaise, islandaise, sert également de décor à une idylle maladroite, des amitiés rugueuses mais profondes…

Ici, la vie de chacun est l’affaire de tous mais il existe une marge infranchissable dans le mouvement des relations, une sorte de no man’s land des sentiments, entre pudeur et respect de l’autre et le moindre incident peut prendre, dans cet espace réduit, des proportions d’événements.
Les relations entre les êtres sont à la fois rudes et d’une grande douceur. La construction d’une simple terrasse devant l’habitation d’Hugi est source de divergences, devient une sorte d’élément inutile dont on sait qu’il sera détruit… tout comme les histoires entre les personnages se font et se défont…

Il faut aller voir ce bijou de cinéma, cette "pépite", qui malheureusement connaîtra une sortie trop discrète et confidentielle. Pourquoi le public qui va au cinéma ne distingue-t-il que rarement le (vrai) cinéma de l’autre ?
"Paris of the North
" est, à tous points de vue, du vrai cinéma !
Francis Dubois

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