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Un film de Enrique Rivero (Mexique)

"Parque via" Sortie en salles le 8 juillet

Beto, un vieil "indio" solitaire est, depuis de nombreuses années, le gardien d’une luxueuse résidence inhabitée et sur le point d’être vendue. Il est chargé de l’entretien, du jardinage, de menus travaux de maintenance, tâches dont il s’acquitte avec application. Ses contacts avec l’extérieur se réduisent aux visites de la propriétaire, à celles de Lupe, une prostituée qu’il paie pour ses services, à la venue, parfois, de futurs acheteurs. Beto s’est petit à petit muré dans la solitude, loin de l’agitation du centre ville et seule, la télévision le garde en contact avec un monde extérieur terrorisant et son défilé de faits divers, de meurtres crapuleux et de guerres meurtrières.
La vente de la maison met Beto au pied du mur en le renvoyant au monde dont il s’est exclu. La générosité de son employeuse sera-t-elle suffisante pour l’aider à franchir ce pas de géant qu’il devrait franchir ?

SNES_ParqueVia

Le scénario de "Parque via" a été inspiré de la vie de Norberto Coria qui interprète le rôle de Beto et qui, comme lui, travaille depuis de nombreuses années au service d’une famille bourgeoise. De cette situation se dégagent plusieurs thèmes qui constituent la démarche d’Enrique Rivero : le curieux fossé creusé entre le monde des blancs nantis et celui des indios, indigènes du Mexique réduits à effectuer les tâches les plus ingrates. Deux communautés aux antipodes l’une de l’autre et par ailleurs unis par des liens profonds et une certaine reconnaissance mutuelle. Les effets d’un enfermement ritualisé qui, à force de protéger des dangers extérieurs conduit à des réflexes de rejet irréversibles et d’inaptitude à affronter le monde.
"Parque via", s’attache, dans sa première partie à l’existence ritualisée de Beto, à la répétition des opérations quotidiennes, à la précision des gestes effectués, des déplacements à travers les vastes pièces de la maison. Elle s’attache à nous rendre familier cet étrange personnage dont le visage ne laisse transparaître aucune émotion, rien qui puisse nous renseigner sur ses sentiments. S’en est-il progressivement vidé ? L’existence d’ermite conduit-elle à faire l’économie d’une vie intérieure ?
Puis progressivement, interviennent les quelques personnages qui franchissent les grilles de la villa, l’élégante vieille dame propriétaire, la prostituée, les éventuels acquéreurs du lieu, l’employée de l’agence immobilière. Si face à ceux qui vont contribuer à son départ, Beta garde ce masque impénétrable, c’est sans doute que sa décision finale est prise depuis longtemps et qu’elle lui procure une certaine sérénité…
"Parque via" mi-documentaire, mi fiction, l’un éclairant l’autre, laisse transparaître à travers la sérénité qu’il montre, le poids du drame et c’est cette espèce d’inquiétude latente qu’on ressent par moments qui fait que le film n’est jamais languissant mais qu’il maintient d’un bout à l’autre une curiosité passionnante.
Francis Dubois

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