Actualité théâtrale

Jusqu’au 31 octobre au Théâtre La Bruyère

« Partie en Grèce » Du mardi au samedi à 19h

Solange est mariée depuis longtemps. Ses enfants ont quitté la maison et son mari a oublié qu’elle n’était pas là seulement pour faire la cuisine, mais qu’il pouvait aussi lui parler. Alors quand son amie lui propose de l’accompagner, tous frais payés, sur une île grecque, après bien des hésitations, elle décide de sauter le pas, de partir pour cesser d’être seulement la cuisinière et le larbin de son mari et de ses enfants, partir pour être elle-même et pour retrouver le sentiment d’exister.

Après avoir été coiffeur pour dames et instituteur, Willy Russel s’est mis à écrire des pièces de théâtre et la plupart ont été d’énormes succès, jouées pendant des années, adaptées au cinéma, remportant tous les « Awards » et les oscars possibles. Sa pièce, Shirley Valentine, dont Partie en Grèce est l’adaptation, a été créée en 1988 à Londres, y a remporté l’Olivier Award de la meilleure comédie de l’année, avant de connaître une carrière internationale et d’être portée à l’écran. L’observation fine de l’usure du couple, de la position des femmes dans la société, de leur prise de conscience dans les années 70 qu’elles existent en tant qu’individu et ont droit au plaisir et au bonheur, tout cela et bien d’autres choses, passe dans cette comédie avec des formules qui font mouche comme : « Le mariage, c’est comme le Moyen-Orient, y’a pas de solution ! »

Théâtre : Partie en Grèce

Marie-Pascale Osterrieth a adapté la pièce et l’a mise en scène. Si la cuisine, où évolue Solange dans la première partie de la pièce, est bien typée années 70-80 avec ses meubles en formica et ses carreaux multicolores, la Grèce de la seconde partie est celle éternelle des cartes postales avec sa mer bleue, ses moulins et ses tavernes. Elle a surtout offert un très bel écrin à la prestation de Valérie Mairesse. Elle est émouvante en femme qui parle au mur de la cuisine, puisque avec son mari c’est impossible, elle est drôle quand elle évoque sa découverte de l’existence du clitoris, qu’elle prononçait sans le s comme dans Paris, parce qu’elle ne savait pas, elle est pleine d’hésitations quand elle se demande si elle a le droit de partir seule, déterminée quand la coupe est pleine. On la suivrait bien au-delà de la Grèce dans sa quête du bonheur et on partage son interrogation finale : « Pourquoi on a en nous tous ces rêves de vie et qu’on n’en fait rien ». Comme son héroïne elle est merveilleuse.

Micheline Rousselet

Théâtre La Bruyère

5 rue La Bruyère

75009 Paris

Réservations : 01 48 74 76 99

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