Actualité théâtrale

Jusqu’au 2 novembre au Théâtre de Poche Montparnasse

« Pascal Descartes » L’entretien de M. Descartes avec M. Pascal le Jeune

Descartes et Pascal se sont rencontrés une journée de 1647 dans le Couvent des Minimes. Il ne reste quasiment rien de leur échange. Jean-Claude Brisville a imaginé la conversation entre les deux hommes. Descartes a 51 ans, c’est un rationaliste, un homme réaliste qui a été soldat, qui ne dédaigne ni la bonne chère ni les femmes et qui est invité dans les grandes cours européennes par les esprits éclairés de son temps. Il se réjouit de rencontrer Pascal qu’il considère comme l’un des plus grands esprits scientifiques de son temps. Pascal a alors 24 ans et est déjà très malade. C’est un mystique intransigeant et exalté qui, lorsque Descartes lui demande ses conclusions sur le vide répond : « Elles ne m’intéressent plus. Mon salut requiert tout de moi ». Á Descartes qui en appelle à la raison, aspire à un échange intellectuel avec lui et va jusqu’à lui proposer un manuscrit de ses recherches pour qu’il les mène à leur terme, Pascal répond que ce à quoi il aspire est au-delà de la science, qu’en en faisant il ne cherchait qu’à fuir l’inquiétude et l’ennui et il demande à Descartes de s’engager en faveur des jansénistes. Leur position est si éloignée qu’ils ne peuvent « rien se donner ».
Théâtre Pascal Descartes
Le texte est brillant et le débat d’une actualité brûlante. Des phrases restent longtemps en mémoire et constituent une belle introduction pour les professeurs de philosophie ou de lettres, aux sujets sur les valeurs et au débat entre science et foi intransigeante. La mise en scène est simple : une chambre, Descartes en manteau brodé attend avec impatience Pascal qui arrive, pâle tout de noir vêtu. La préférence est donnée au dialogue et ce sont deux acteurs excellents qui vont se renvoyer la balle. Daniel Mesguich est Descartes et son fils William est Pascal. Ce qui est amusant, c’est qu’à la création de la pièce en 1985, Daniel Mesguich était Pascal ! Le temps a passé, Daniel Mesguich est devenu Descartes, mais la pièce a gardé tout son brillant et est encore plus passionnante à la lueur de l’actualité.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 17h30

Théâtre de Poche Montparnasse

75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris

Réservations : 01 45 44 50 60 67

Se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • A propos des "3 sœurs" et du théâtre à deux vitesses
    Les « Trois sœurs » qu’on peut voir encore jusqu’au 22 décembre à l’Odéon Théâtre de l’Europe a été diversement accueilli. Il y ceux qui ont encensé le spectacle (voir la critique de Micheline Rousselet,... Lire la suite (15 décembre)
  • « Rémi Larrousse, Songes d’un illusionniste »
    Nous rêvons tous. Que nous révèlent nos rêves ? Cauchemars ou fantasmes, que signifient-ils ? Pour certains ils sont prémonitoires, d’autres y voient le rappel d’un passé oublié ou enfoui. Rémi... Lire la suite (14 décembre)
  • « Cap au pire »
    Cap au pire est l’un des derniers textes écrits par Beckett, un texte écrit en anglais et qu’il ne s’était pas résigné à traduire comme s’il avait hésité à se relancer dans ce dédale, un texte destiné à... Lire la suite (13 décembre)
  • « Probablement les Bahamas » de Martin Crimp
    Milly et Franck savourent le confort de leur cottage où s’annonce pour eux une retraite paisible. Ils ont même à leurs côtés pour faire barrage à leur solitude, la présence rassurante d’une étudiante... Lire la suite (13 décembre)
  • « Mélancolie(s) »
    La pièce commence au printemps, au milieu d’une journée magnifique. Le temps est à la fête pour l’anniversaire de Sacha qui est entourée de son mari qu’elle n’aime plus comme avant, d’Olympe sa sœur... Lire la suite (9 décembre)