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Un film d’Abel Ferrara (France - Italie - Belgique)

"Pasolini" Sortie en salles le 31 décembre 2014.

Faire le choix, pour écrire un film sur Pier Paolo Pasolini, de s’en tenir aux tout derniers moments de sa vie était une véritable gageure.

Abel Ferrara qui porte une immense admiration à l’homme et à son œuvre, a relevé le défi avec un récit qui fait référence au cinéaste bien sûr, au poète, à l’homme de lettres, au citoyen engagé politiquement (son dernier livre en chantier portait sur la corruption de l’industrie pétrolière italienne) et à celui qui avait choisi de conduire sa vie intime en assumant totalement son homosexualité.

Cinéma : "Pasolini"

Le projet de réaliser ce film est sans doute né chez Abel Ferrara du jour où il a appris la mort de Pasolini.

Tout ce qui a pu être dit à propos de son meurtre sur une plage d’Ostie en novembre 1975, n’a fait que l’encourager à poursuivre son projet.

S’il y a quelque chose de similaire entre l’enquête journalistique et le contenu du film, Ferrara a su juxtaposer les événements réels et ceux qu’il a imaginés.

A partir des faits relatés dans la presse, il a créé ses propres convictions, sa propre vision des choses.

Si la vérité est à rechercher, elle est aussi à inventer.

Pasolini vivait sur le fil du rasoir. Ses prises de position en politique au plein milieu des « années de plomb », ses convictions à révéler ce qu’il savait sur l’explosion de l’avion à bord duquel avait péri un magnat du pétrole de gauche ne lui attiraient pas que des amis.

Ses habitudes sexuelles qui l’amenaient à rechercher des aventures dans des lieux de drague homosexuelle, ajoutées à cette célébrité à laquelle nombreux étaient ceux qui pensaient qu’elle reposait sur des bases sulfureuses, l’exposaient au point que la nouvelle de son assassinat n’a pas surpris certains de ses proches.

Autour de Nino Davoli, acteur fétiche du cinéaste qui interprète avec une malice intacte le rôle d’Epifanio, d’Adriana Asti qui joue de façon doublement touchante la mère de Pasolini, ou de Maria de Medeiros troublante Laura Betti, William Dafoe dont c’est la quatrième participation dans la filmographie d’Abel Ferrara est un Pier Paolo Pasolini criant de ressemblance.

Aujourd’hui, il est possible que seuls les cinéphiles se souviennent de l’œuvre puissante du cinéaste mais il n’est pas certain que ce " Pasolini" de forme confidentielle contribue à atteindre, comme ce serait souhaitable, un public plus jeune.

Son dernier film " Salo ou les cent vingt jours de Sodome" dont on évoque le tournage en ouverture du film, sorti en salles quelques mois après sa mort reste, pour des raisons qui échappent à la vraie force de l’œuvre générale du cinéaste, celle que le public retient entre toutes celles qui constituent une filmographie dense et variée..

Francis Dubois

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