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Un film de Branko Schmidt (Croatie)

"Passeur d’espoir" Sortie en salles le 6 mai

Employé par la mafia locale, Mirko, un ancien combattant ébranlé par son passé, fait traverser la rivière Sava à des clandestins à la frontière de la Bosnie-Herzégovine et de la Croatie, en direction de l’Ouest.
Une nuit, la barque surchargée de clandestins chinois chavire et les occupants périssent noyés à l’exception d’une jeune femme.
Mirko décide de cacher la rescapée avant de l’aider à fuir. Mais elle reste avant tout, pour la mafia, un témoin gênant…
Branko Schmidt, cinéaste d’origine croate, a réalisé, depuis ses débuts en 1982, huit films de fiction et une vingtaine de documentaires. "Passeur d’espoir" qu’il tourne en 2006 pose un regard d’une grande noirceur sur les terribles conséquences d’une guerre qui a dévasté psychologiquement son pays.
Les anciens combattants se sont vus confrontés à des problèmes qui les ont mis dans l’incapacité de retrouver une vie normale. Mirko est seul et démuni, contraint de travailler pour le compte de profiteurs de guerre corrompus, aux comportements immoraux, une mafia infiltrée à tous les niveaux de la société et qui, forte de ses ramifications, est devenue puissante et intouchable.
Les chinois se trouvent au centre d’un trafic d’une rare violence, très lucratif pour la mafia.
Le sauvetage de la jeune femme dont il est tombé amoureux est pour Mirko le moyen de racheter son passé de violence, de lancer un défi à la mafia dont il réprouve les agissements et les méthodes et de retrouver les contours d’un vie normale avec une histoire d’amour réparatrice.
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La force du film tient à l’atmosphère irrespirable qu’entretient le cinéaste, à la façon dont il filme la grisaille des paysages détrempés, les chemins boueux, la solitude des êtres ou les lueurs d’espoir qui surviennent. Elle tient aussi et surtout à l’interprétation de Kresimir Mikic. Le Mirko qu’il campe est magnifique. L’éloge pourrait s’étendre à Mei Sun qui interprète Mirma mais dès qu’il s’agit des personnages secondaires, les clichés apparaissent et l’efficacité de la narration s’émousse. Le jeune trafiquant a un grand cœur, les représentants de la mafia locale ont des comportements redondants et on glisse dans le manichéisme. Dommage !
Mais "Passeur d’espoir" reste malgré cela un beau film nécessaire, âpre et sensible, et la profondeur du regard de Mirko reste pour longtemps inscrite dans la mémoire
Francis Dubois

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