Actualité théâtrale

Jusqu’au 18 octobre au T2G, le Théâtre de Gennevilliers

« Passim » Partenaire Réduc’Snes

Á Gennevilliers, dans le cadre du festival d’automne, François Tanguy et sa compagnie, le Théâtre du Radeau, présentent Passim , qu’ils avaient créée en 2013 à La Fonderie au Mans.

Passim , en latin « partout » ou encore « ça et là et en différents endroits », ressemble à un songe, avec ce qu’il y faut d’inquiétude et d’émerveillement, peuplé de fragments diffractés de paroles, d’éclats de musique lointaine et d’images venues du fond de la mémoire et trop vite disparues. Des acteurs en queue de pie, robe longue et chapeau ou en guenilles murmurent des bribes de textes mêlant littérature, théâtre et poésie. Ils traversent un plateau, comme un grenier encombré de cadres de bois, de tables que l’on déplace ou sur lesquelles on monte. Emplie d’éléments de décor disparates, la scène ne cesse de se transformer. Les lumières y dessinent en douceur des espaces mouvants qui répondent aux chuchotis des acteurs. Les personnages semblent se déplacer ou se fixer de façon aléatoire, comme dans une histoire sans cesse commencée et laissée inachevée, comme une pièce de théâtre qui les contiendrait toutes. Shakespeare, Molière et Kleist y côtoient l’Arioste et Le Tasse en italien, mais aussi Tchekhov. Dans la forme on pense à Kantor, mais la question du sens est traitée de façon totalement différente. On saisit au vol une bribe du Roi Lear, mais c’est comme si on entrait dans la pièce par effraction et qu’on en était bien vite évincé, pour ne retenir que l’élan. La recherche du sens n’apparaît pas comme une nécessité pour François Tanguy. Les extraits musicaux, de Haendel ou Schubert à John Cage ou Mauricio Kagel, aussi variés que les textes, ne les commentent pas. Textes, musiques et lumières se frottent, créent des fulgurances et c’est comme si l’essence du théâtre se révélait pour quelques secondes.
Théâtre : Passim
Laissons le mot de la fin à François Tanguy : « Ce n’est pas un spectacle, on ne peut pas décrire ce qui se passe. Il n’y a rien à décrire ». Nos certitudes s’envolent. Il faut se laisser emporter pour être ici et là, pour reprendre une des traductions de Passim.

Micheline Rousselet

Mardi et jeudi à 19h30, mercredi, vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 15h.

Théâtre de Gennevilliers

41 avenue des Grésillons, 92230 Gennevilliers

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 41 32 26 26

www.theatre2gennevilliers.com

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