Actualité musicale, chanson...

Chanson française.

Patachou, 1950 – 1961
Georges Brassens, 3 novembre 1961

Une affaire de rencontre.
Patachou, née Henriette Ragon le 18 juin 1918 du côté de la butte Montmartre, et Georges Brassens, né le 22 octobre 1921 à Sète se sont découverts après la seconde guerre mondiale dans ces années cinquante qui voient la création d’une nouvelle chanson française. Elle le chantera avant qu’il ne se chante. Elle lui ouvrira les portes nécessaires pour se faire connaître et investir les music hall. On se souvient que Brassens s’installera à Bobino. Frémeaux et associés nous permet de les entendre par le biais d’une compilation pour la première et d’un concert enregistré à l’Olympia pour l’autre.
Patachou fait le lien entre les générations, chantant Aristide Bruant comme les nouveaux venus qui ont nom, mis à part Georges, Francis Lemarque, Léo Ferré, Charles Aznavour, Mick Micheyl, Guy Béart sans compter les musiques de Michel Legrand et l’accordéon de Joss Baselli pour exprimer un air de Paris fait à la fois de la gouaille du titi et de cette élégance qui fait de la Capitale, en ce temps là, la Ville de référence.
Dany Lallemand rappelle, dans le livret, l’itinéraire de la chanteuse, dactylo, caissière d’une pâtisserie puis un restaurant dont elle est propriétaire qui deviendra un cabaret dans lequel elle chante. Elle saura représenter la chanson française partout dans le monde. Elle instaure un style original, une manière de creuser les mots, de leur faire suer des significations au-delà d’eux-mêmes. A l’époque les chansons circulent. L’exclusivité n’existe pas. Les comparaisons sont possibles. Il faut donc, dans l’arrangement, dans la manière de chanter faire la preuve de sa créativité.
Cette compilation regroupe les enregistrements de Patachou de 1950 – c’est encore les 78 tours – à 1961 sous la forme de 45 tours pour lui rendre un hommage vivant, pour faire revivre cette période, pour renouer les fils de notre mémoire.
Georges Brassens, lorsqu’il se produit sur scène, ne fait pas vraiment de mise en scène. Un tabouret, sa guitare et un micro. Derrière lui, un contrebassiste – de jazz, il faut le souligner -, Pierre Nicolas. De temps en temps, l’un parle à l’autre pour lutter contre le trac sans doute. Et c’est tout. Le dépouillement intégral. Le public est à l’unisson. Ce 4 novembre 1961, Brassens teste ses nouvelles chansons. Par rapport au disque, des petits changements sont perceptibles. Sur scène, il est plus proche du jazz et même du blues. Il se laisse aller à quelques accords différents. Une sorte d’inquiétante familiarité avec les albums réalisés en studio.
Ce concert fait partie d’une nouvelle collection, « Live in Paris », dirigée par Michel Brillié, ancien assistant de Daniel Filipacchi et Franck Ténot à Europe 1, et Gilles Pétard responsable du label « Body and Soul ».
Le bonus est d’importance. En novembre/décembre 1955, Georges vient à Europe1 tester ses chansons devant un public averti. Entendre cette manière d’interpréter est un cadeau inespéré. Là, il est plus décontracté, plus bluesman pour manier l’humour et l’ironie. Une découverte.

Nicolas Béniès

« Patachou, 1950 – 1961 », présenté par Dany Lallemand, coffret de deux CD ; « Georges Brassens, 3 novembre 1961 », « Live in Paris. La collection des grands concerts parisiens », dirigée par Michel Brillié et Gilles Pétard, Frémeaux et associés.

Autres articles de la rubrique Actualité musicale, chanson...

  • La longue mémoire...
    "Le soir, je délivrais des mots de ma mémoire Que j’avais embarqués sur un grand crayon gris ; Ils respiraient encore la fureur de l’histoire Et, sur mon papier blanc ils se sont assoupis..." Sous... Lire la suite (4 mars)
  • L’intégrale Serizier
    Si vous avez manqué en janvier 2018, cet hommage à Jacques Serizier, présenté alors chez nos amis du regretté Théâtre de la Vieille Grille, ou si vous souhaitez retrouver cette présentation... Lire la suite (17 janvier)
  • « Jeanne Plante est chafouin »
    Jeanne Plante écrit paroles et musiques de ses chansons et les chante. Elle est aussi comédienne et s’est illustrée en 2016 dans un spectacle pour enfants Farces et attrapes , qui tourne encore en... Lire la suite (Décembre 2018)
  • « Bohème, notre jeunesse »
    La version française de La Bohème de Puccini est très liée à l’Opéra Comique. En 1898, moins de deux ans après sa création en italien à Turin, elle y fut représentée dans une version française approuvée... Lire la suite (Juillet 2018)
  • Remo Gary : nouveaux albums et participation au Festival d’Avignon
    Poète, ciseleur de mots, militant exigeant et généreux d’une culture partagée et d’une société meilleure pour tous, interprète pétulant et talentueux de ses chansons, souvent pleines d’humour un peu... Lire la suite (Juin 2018)