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Un film de Yasuhito Yoshiura (Japon)

"Patéma et le monde inversé" Sortie en salles le 12 mars 2014.

Yasuhito Yoshiura, élevé au manga et aux jeux vidéo, réalise avec "Patéma" son premier long métrage d’animation.

A la suite d’une catastrophe écologique, la terre se trouve répartie en deux mondes inversés, ignorant tout l’un de l’autre.

Dans l’univers souterrain, Patéma, jeune adolescente frondeuse à l’esprit aventurier, rêve d’un ailleurs.

En surface, Age, un lycéen mélancolique et timoré, prend amèrement conscience du monde totalitaire dans lequel il vit.

La rencontre des deux adolescents va leur permettre d’accéder à un autre monde quand, associés l’un à l’autre par une sympathie spontanée, ils vont parvenir à défier les lois de la gravité.

Dans "Time of Eve" , une série de six courts métrages à laquelle il doit sa notoriété, Yasuhita Yoshiura traitait de la relation entre des robots domestiques et leurs propriétaires.

Cette fois, l’idée-cadre de l’histoire repose sur le principe de l’attraction terrestre devenue répulsion.

Dès l’instant où attraction et répulsion sont inversées, ceux qui sont à l’extérieur tombent dans le ciel et ceux qui se trouvent à l’intérieur peuvent survivre à condition de ne pas quitter leur espace.

Le film commence avec l’arrivée accidentelle (ou assumée) d’une personne "inversée" sur la terre.

Le réalisateur s’est attaché à ce que son héroïne, la jeune Patéma, ne soit pas réduite à une simple présence visuelle mais qu’elle soit habitée de sentiments et qu’elle puisse refléter ses émotions.

L’objectif n’étant pas de se limiter à un film de science-fiction mais d’élargir le récit sur un plan humain et de faire d’une histoire d’univers, une histoire d’individus.

"S’il est très compliqué de décrire un monde inversé avec des mots, il est, en revanche facile de le faire avec des images" explique Yoshiura. "Une caméra placée à l’envers et tous les décors s’inversent."

Il suffit de cette manipulation simple pour montrer la solitude, rendre le sort dramatique de Patéma et produire cette impression de vertige qui, en même temps, se communique au spectateur.

Le monde souterrain est un espace clos dont le décor pourrait rappeler d’anciennes galeries de mines où les tuyauteries et autres installations seraient restées en l’état.

Au contraire, le Royaume d’Aiga est représenté par une cité artificielle, quelque peu délabrée, inspirée par la ville indienne de Chandigarh, dessinée par Le Corbusier.

Sur l’idée originale inspirée de la sensation étrange de la double attraction terrestre et céleste, Yosuhiro Yoshiura a réalisé un film de science-fiction passionnant, haletant et une histoire d’amour improbable et envoûtante.

Francis Dubois

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