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Un film de Renaud Fely (France)

"Pauline et François" Sortie en salles le 22 septembre

François a une dette morale envers sa famille depuis qu’enfant, au cours d’une partie de chasse, il a tué accidentellement son frère. Chacun voudrait qu’il restât intact, disponible aux autres, généreux, affectueux et confident à l’occasion. Pendant des années, François a subi de la part des uns et des autres, de sa sœur Catherine surtout, une autorité qui l’a muselé et en a fait un être qui se caractérisé par son extrême gentillesse.
Nous sommes dans une bourgade de la Creuse. François est l’associé de son père dans une petite entreprise familiale de rénovation de toitures. Catherine est employée à l’agence bancaire et Serge, son mari se débat dans de grosses difficultés financières.
Jusqu’au jour où apparaît Pauline, la nouvelle collègue de Catherine. Elle a trouvé pour y vivre seule, une maison qui fait face à celle où vit François.
Les deux jeunes gens s’apprivoisent l’un l’autre et leur complicité repose sur les événements douloureux qui ont marqué leur passé.
L’amour qui naît entre eux bouleverse tout à coup et met en péril un fonctionnement familial bancal mais bien huilé.
Le cinéma aime bien les prénoms dans ses titres et il choisit de plus en plus souvent la campagne, les paysages champêtres, comme cadre de ses histoires.
La campagne ici est un des personnages du récit. On s’y promène, on s’y égare, on y cueille la girolle, on y pique-nique et certains soirs on va dans l’obscurité de la forêt, écouter le brame du cerf, celui qu’il donne au moment du rut.
Un des charmes du film est dans la force, la tendresse et la justesse avec lesquelles Renaud Fely filme le milieu rural, les rues de la bourgade, les allées et venues qui rythment le quotidien de chacun, la clientèle de la banque mais aussi les sentiers, le ruisseau qu’on enjambe, l’obscurité soudaine d’un sous-bois. Et c’est sans doute parce que le décor est enchanteur sans joliesse ni angélisme excessifs que son histoire tourne si rond et que ses personnages y évoluent avec tant de simplicité et de naturel.

Pauline et François sont deux beaux personnages, des éclopés de l’existence qui n’ont aucune exigence mais qui savent attendre. Il ne sont ni impatients ni résignés mais s’ils vont et viennent, c’est peut-être pour arriver à se frôler un jour si le cœur leur en dit. Et le cœur leur dit. "Pauline et François" est une histoire simple qui doit beaucoup aussi aux deux merveilleux comédiens que sont ici Laura Smet et surtout Yannick Renier qui insuffle à son personnage un mélange de candeur et de force retenue, ampleur et modestie. Un regard de bonté, d’enfance, d’innocence comme celui de François ne s’oublie pas.
Renaud Fely est autodidacte mais il a travaillé avec Pialat, Doillon ou Guiraudie et en 2005, Pascale Ferran lui avait confié la réalisation 2ème équipe de "Lady Chatterley".
Il a réalisé là avec efficacité, une œuvre personnelle, modeste et efficace.
Francis Dubois

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