La défense des droits humains

Pauvreté : situation alarmante à travers le monde

La pandémie a entraîné une crise socio-économique sans précédent. L’augmentation significative du nombre de nouveaux pauvres en quelques semaines est un signe de la gravité de la crise sociale à venir.
Intérimaires, étudiants, travailleurs précaires, familles monoparentales, se pressent dans les distributions alimentaires. « Les fragilités et les inégalités sociales sont exacerbées », explique le Défenseur des Droits, Jacques Toubon, et « les enfants ont faim ». La fermeture des cantines dans une grande majorité des établissements scolaires est une catastrophe car, rappelle-t-il : « l’accès à la restauration est un levier du droit à l’éducation ». Pour nombre d’élèves, c’est souvent aussi « l’absence d’un repas principal équilibré ». Et pour les familles en difficulté, ce sont des enfants à nourrir. Double peine pour ces 13,4 % de la population : à la crainte du virus s’ajoute celle de tomber encore plus dans la pauvreté. Et ce, dans le septième pays le plus riche du monde !

Le prix de la dignité

Dans le monde, un demi-milliard de personnes supplémentaires (6 à 8 % de la population mondiale) pourraient basculer dans le dénuement, alerte l’ONG Oxfam. Ainsi, dans certains pays, des millions des travailleurs de l’ombre se sont trouvés brutalement confrontés à l’absence de revenus du fait du confinement. « Plus de la moitié de la population mondiale pourrait ­désormais vivre sous le seuil de pauvreté à la suite de la pandémie », souligne le rapport intitulé « Le prix de la dignité » (8 avril 2020). L’ONG appelle à l’adoption d’un plan de sauvetage économique pour toutes et tous afin de maintenir les pays et communautés pauvres à flot. Mais pour lutter durablement contre la pauvreté, il faut des mesures structurelles comme, notamment, la fin du pillage des ressources, de l’échange inégal et de la pression de l’endettement.

Marylène Cahouet

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