Actualité théâtrale

Au Petit Montparnasse

"Peggy Guggenheim" de Lanie Robertson, mise en scène Christophe Lidon

Papesse de l’Art moderne, collectionneuse instinctive, découvreuse inspirée de nouveaux talents, l’extravagante Peggy Guggenheim cache derrière une attitude provocante, une vraie sensibilité d’artiste.
Personnage haut en couleur, petite fille d’immigrés enrichi dans la banque, fille d’un colporteur devenu propriétaire de mines de cuivre, elle hérite, à la mort de son père, disparu dans le naufrage du Titanic, d’une fortune colossale.
Entre les deux guerres, elle fréquente le milieu artistique parisien et s’intéresse à l’art contemporain.
En 1938, elle ouvre une galerie à Londres, y expose les œuvres d’Yves Tanguy et dès lors, elle place sa fortune dans une collection d’œuvres d’art qui regroupe tous les courants avant- gardistes, cubisme, futurisme, Dada, Surréalisme, art abstrait…
En 1941, elle fuit l’Europe et rejoint New-York. Elle fonde la galerie "Art of the Century" qui accueille les artistes européens exilés mais aussi les jeunes artistes américains chefs de file d’un Expressionnisme abstrait.
En 1948, elle revient en Europe, fait l’acquisition du Palazzo Venier dei Leoni à Venise où elle installe son musée personnel, aujourd’hui le grand musée d’art moderne de la Cité des Doges.
Il est sans doute peu commode de réduire à un spectacle d’une heure quinze, une existence aussi dense et mouvementée, brillante et pathétique. Surtout quand le texte inclut dans le récit une vie amoureuse tumultueuse, l’histoire de plusieurs mariages et des moments de grande douleur.
Le monologue reste dans l’anecdote et même s’il est tour à tour drôle et pathétique, si le bon dosage existe, il manque pour rendre l’envergure du personnage une ampleur, une démesure que Stéphanie Bataille, soucieuse de rester dans l’efficacité du jeu, ne relaie pas toujours.

Photo Lot

Si le ton boulevardier est parfois porteur, il alourdit souvent le portrait de cette femme, au franc-parler, frisant la vulgarité.
Si on reste un peu sur sa faim, si on quitte le théâtre avec un vague sentiment de frustration, le spectacle qui fut créé au Théâtre de la Huchette en 2011 et donné au Festival d’Avignon la même année, a le mérite de faire la lumière sur un personnage qui aura marqué le domaine de l’art du vingtième siècle.
Francis Dubois

Petit Montparnasse
31 rue de la Gaîté
Paris 14ème

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 43 22 77 74
www.theatremontparnasse.com

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