Actualité théâtrale

Jusqu’au 30 novembre au Théâtre de l’Aquarium

« Peggy Pickit voit la face de Dieu »

Deux couples d’amis, qui ont autrefois fait ensemble des études de médecine, se retrouvent. Karen et Martin reviennent d’un long séjour humanitaire en Afrique, Franck et Liz exercent la médecine dans une grande ville européenne, ont une maison et un enfant. Ils ont continué à correspondre, les seconds envoyant de l’argent pour l’entretien d’une petite fille dont les premiers s’occupaient en Afrique. Á travers la gaîté forcée des retrouvailles, sous le vernis de la conversation et l’alcool aidant, la parole se débride et les conventions sociales vont voler en éclats.

Que deviennent les élans de la jeunesse confrontés à la terne réalité du quotidien, l’amour peut-il résister à la routine de la vie, le rêve généreux de l’aide humanitaire peut-il survivre au sida et à la folie meurtrière des hommes, autant de questions qu’aborde le texte de Roland Schimmelpfennig, un auteur contemporain allemand.
Théâtre : "PeggyPickit..."
La metteure en scène Aurélie Van Den Daele s’est aussi intéressée à cette pièce parce qu’elle passe du visible au caché, de ce qui est dit à ce qui est pensé et n’est pas dit. Elle y a adapté son dispositif scénique. On passe brutalement du salon bien éclairé, où les couples conversent, au noir, où seules des voix microtées font entendre les non-dits et les réflexions intérieures. Après chaque irruption du noir, les personnages repartent de ce qui venait d’être dit auparavant, ressassant leurs interrogations, leurs malentendus et leurs frustrations, à l’image du disque qui tourne à vide de plus en plus fort à la fin de la pièce. Deux poupées, Peggy Pickit, la poupée de latex de la fille de Franck et Liz et Annie Abeni, une poupée de bois que Karen a apportée en cadeau, deviennent le relais de l’opposition entre le Nord et le Sud. Elles feront les frais de la confrontation de plus en plus violente entre deux choix de vie tous deux remis en cause par ceux qui les ont choisis, avant que les femmes ne s’attaquent à une tentative de remise en ordre. Les acteurs ont l’enthousiasme et l’amertume des personnages qu’ils incarnent. On retiendra particulièrement Sol Espeche capable de passer d’un enthousiasme excessivement démonstratif à la fragilité et aux regrets.

Micheline Rousselet

Le mardi, le jeudi et le samedi (sauf le 15 novembre) à 20h30, le dimanche à 17h45

Théâtre de l’Aquarium

La Cartoucherie, Route du Champ-de-Manœuvre

75012 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 43 74 99 61

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