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Un film de Maha Haj (France Israël)

« Personals affairs » Sortie en salles le 1er mars 2017.

A Nazareth, Nabila et Saleh, après des décennies de vie commune ont épuisé le plaisir de vivre en couple. Il est en permanence les yeux rivés sur internet et il y a belle lurette qu’elle fait la sourde oreille à ses questions.

De l’autre côté de la frontière, à Ramallah, leur fils Tarek, insensible au charme de sa partenaire de théâtre Maissa, semble s’être voué au célibat.

Samar, leur fille partage sa vie avec Georges, un gentil mécanicien à l’esprit un peu sommaire et en apparence, insensible aux subtilités de le vie.

C’est à Samar qu’est revenue la charge d’accueillir chez elle la grand mère dont tous ont décidé qu’elle était frappée par la maladie d’Alzheimer.

Quant à Hisham, le fils aîné qui vit en Suède, il attend depuis qu’il s’est installé, que ses parents viennent lui rendre visite.

Cinéma : personals affairs

le film de Maha Haj réunit tous les élément du film choral qui rendrait compte, en les mettant bout à bout, des histoires de la vie d’une famille ordinaire.

Mais la phase de présentation des personnages, chacun dans son environnement routinier, indique dès le début que le film sera autre. Très vite, le choix des cadrages, des lumières dirigent le récit sur ce que le quotidien ordinaire comporte de pathétique et de de poétique.

Ce sont ces deux éléments qui vont dorénavant commander au récit et les différents personnages tout en gardant un pied dans le réalisme vont petit à petit s’en échapper pour révéler d’autres facettes d’eux mêmes et peut-être se révéler à eux-mêmes.

Le vieux couple conduit son quotidien répétitif jusqu’à une sorte de stylisation des situations, à un léger débordement du côté du surnaturel.

Georges, le mécanicien rustre avait comme secret qu’il n’avait jamais vu la mer et le voilà qui, au cours d’un voyage improbable, la découvre avec jubilation.

Et les déambulations de la grand mère n’était jamais que la recherche d’une oreille attentive pour pouvoir raconter enfin un souvenir d’enfance qui la hante, à la fois anodin et essentiel.

Et il faudra que Tarek et Maïssa se retrouvent en garde à vue dans un local d’un check point pour qu’à la faveur d’un tango endiablé, ils se retrouvent enfin dans les bras l’un de l’autre.

Hisham qui aura usé d’un subterfuge pour attirer ses parents jusqu’à lui saura-t-il un jour qu’il les aura libéré du poids qu’était devenue leur vie de couple.

Maha Haj jongle magnifiquement entre le réalisme et le lyrisme sans jamais perdre le fil d’histoires très concrètes dans lesquelles chacun peut se reconnaître.

Elle a simplement su chercher derrière des personnages moulés par le quotidien, ce qu’ils cachent d’eux-mêmes à leur entourage et à eux-mêmes.

Son film est la rupture de cette part de silence que chacun porte en soi...L’histoire d’une évasion du profond de soi-même

La mise en scène de «  Personal Affairs  » est d’une précision au scalpel. Chaque plan, dans sa rigueur, dans la pureté des lignes, dans les postures et dans son extrême simplicité conduit, avec le travail sur les lumières les situations les plus quotidiennes, à un lyrisme contenu.

C’est superbe !

Francis Dubois

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