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Plan Banlieues : faux espoirs et renoncements

Le Président de la République a fait connaître, vendredi 8 février, les mesures en faveur des quartiers difficiles de banlieues. Alors que ces territoires cumulent les difficultés de tous ordres, les annonces de Nicolas Sarkozy sont marquées à la fois par le manque d’ambition, l’absence de financements spécifiques, le redéploiement et le renoncement à toute mixité sociale dans ces quartiers.

N’interrogeant jamais les inégalités sociales à l’œuvre dans notre société – que la politique de ce gouvernement ne cesse de renforcer -, ce plan n’est à la hauteur ni des attentes ni des enjeux, On est loin du grand « plan Marshall » que le candidat Sarkozy avait annoncé pendant la campagne des présidentielles.

En matière d’éducation, les mesures annoncées sont particulièrement décevantes par leur indigence. Elles se résument en effet au développement du nombre de places dans des « internats de réussite éducative » et à la généralisation des « écoles de la deuxième chance » pour les jeunes de 16 ans sortis du système éducatif sans qualification.

On attendait pourtant de véritables mesures pour l’Ecole, celle de « la première chance » !

Hélas, dans un contexte où les restrictions sans précédent touchent de plein fouet l’éducation nationale (11 200 suppressions d’emplois à la rentrée 2008, 80 000 prévues entre 2009 et 2012), l’amélioration des conditions d’enseignement et d’études, la prévention précoce de l’échec scolaire ne constituent pas une priorité pour ce gouvernement.

La politique d’éducation prioritaire, mise à mal en 2006, n’est plus à l’ordre du jour. Il ne s’agit plus de viser des territoires, mais de cibler les mesures sur des individus supposés méritants qui pourraient bénéficier des « sites d’excellence » ou échapper à l’établissement de leur quartier au nom de la « mixité des élites ». Le SNES rappelle que la suppression programmée de la carte scolaire ne pourra que renforcer l’homogénéisation des établissements et concentrer davantage encore les difficultés scolaires dans les établissements les plus défavorisés.

Pour le SNES, l’enjeu que représentent les quartiers sensibles requiert une tout autre politique. La lutte contre la pauvreté, contre les discriminations, contre l’échec scolaire doit être menée d’un même pas avec l’objectif de la mixité sociale et scolaire dans tous les territoires.

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