Lutte contre la pauvreté

Plan pauvreté L’US MAGAZINE - Supplément au N° 781 du 22 septembre 2018

Pauvreté des annonces

La pauvreté progresse en France : ils sont
désormais 8,8 millions, dont 1,6 million
d’enfants. Les chiffres sont alarmants, et le
SNES avec la FSU les déplorent depuis longtemps
en demandant de vrais efforts financiers et humains
pour répondre à ces priorités.
On pourrait donc se réjouir d’un plan pauvreté.
Mais on constate que les formules bien tournées
(« Favoriser la mixité sociale dès les premiers
pas ») sont des vœux pieux au regard des moyens
dérisoires engagés : que représentent 300 centres
sociaux, 100 centres et maisons de santé dans les
quartiers prioritaires ou 125 M €
pour l’offre d’hébergement, à l’échelle du territoire
national et sur la durée du quinquennat ?
La plupart des mesures seront réalisées à moyens
constants : ainsi, le dédoublement des CP/CE1 en
REP/REP+ aux dépens du secondaire (suppressions
de postes) ou du primaire en REP ou non (CM2
en surnombre, locaux inadaptés...) ; ainsi,
« Devoirs faits » au collège, mis en place au
détriment des heures d’enseignement.

Un plan libéral

Autre exemple :
« l’obligation de formation
jusqu’à 18 ans pour assurer à tous les jeunes des
compétences ». Or, il ne faut pas confondre sco-
larisation, mandat historique du SNES et de la
FSU, et formation de type stage ANPE ou appren-
tissage si l’on veut améliorer le niveau de quali-
fication des jeunes et leur permettre l’accès à
l’emploi. La casse annoncée de l’enseignement
professionnel est donc en totale contradiction avec
l’objectif affiché quand l’apprentissage n’est
qu’une chimère, les patrons recherchant avant
tout des profils bac +2.
Surtout, l’idéologie ultralibérale qui sous-tend les
propositions pose problème : les pauvres seraient
responsables de leur situation et il faudrait le leur
rappeler en conditionnant les aides versées à de
substantiels efforts de leur part. On lit ainsi :
« renforcement des droits et devoirs et obligation
contractualisée avec les départements »
concernant l’accompagnement des allocataires...
Contrat de pauvreté : renvoyé au local. Il fallait oser...
Plus largement, ces annonces prétendent faire
oublier tous les cadeaux faits aux entreprises et
aux plus riches ainsi que les mesures antisociales
à répétition.

Le SNES, avec la FSU, restera vigilant à ce que
les engagements positifs, même minimes, soient
tenus par des moyens à la hauteur et que ceux qui
instaurent de nouveaux contrôles et une méfiance
généralisée envers les pauvres soient retirés.
Il concrétisera son engagement en participant
notamment à la journée mondiale de refus
de la misère le 17 octobre avec ATD Quart Monde.

Michel Décha