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Un film de Sebastien Lifshitz (France)

"Plein Sud" Sortie en salles le 30 décembre

A bord de sa vieille américaine, Samuel a mis le cap sur l’Espagne. On apprendra plus tard le but de son voyage. En cours de route, il prend à bord, un frère et une sœur, Léa et Mathieu. Elle, une sorte de baby doll capricieuse, lui homosexuel qui ne tarde pas à tomber sous le charme de Samuel. Plus tard se joint à eux Jérémie qui devient le boy friend d’une Léa nonchalante et faussement mystérieuse.
"Plein Sud" est l’histoire de ce voyage, un regard sur les liens provisoires qui se tissent entre les quatre protagonistes, faits à la fois d’un vernis de complicité et d’ une réelle indifférence.
L’objectif de Sébastien Lifshitz n’est pas de faire un film sur la jeunesse actuelle. Les personnages échappent tout autant à la représentation sociale qu’à la psychologie. Si on entre dans l’intimité de Samuel, si on pénètre son histoire grâce à des flash-back, on ne saura rien des trois autres passagers et les minces éléments qui sous sont livrés les concernant, on les aura par défaut. Ils sont libres, n’ont aucune activité rémunératrice, n’ont aucun but précis et pour eux, le voyage dans la voiture de Samuel est un moment à tenter, une façon d’avancer et peut-être d’échapper à cette existence qu’ils revendiquent mais dont il n’ont pas forcément fait le choix…
Qu’il s’agisse de l’attirance de Mathieu pour Samuel, de la relation amoureuse qui s’installe entre Léa et Jérémie, on est dans les domaines du faux semblant, du passage obligé et de la complexité de sentiments opportunistes. Le film de Sébastien Lifshitz est-il plus axé sur le fonctionnement d’un groupe de jeunes gens et des combinaisons affectives qu’offre leur rencontre fortuite ou sur l’étude de comportements individuels livrés à l’instant et aux fluctuations du désir ?
Mais lorsqu’on en apprend un peu plus sur Samuel avec ses souvenirs lointains et le but de son voyage, c’est lui qui prend le pas et devient le motif central de l’histoire.
Sébastien Lifshitz a réalisé un film de plein jour, un film lumineux porté par de jeunes acteurs formidables. Leur choix, le talent dont ils font preuve, leur beauté nourrissent l’ambiguïté des personnages offerts à une liberté qui, passées certaines limites, en font des êtres pathétiques.
Yannick Renier qu’on avait remarqué auprès de son frère et d’Isabelle Huppert dans "Nue propriété" est un Samuel imprévisible et secret. Quant à Léa Seydoux qui jouait dans "La belle personne" de Christophe Honoré, elle a la présence et la beauté d’une Brigitte Bardot à ses débuts. Elle est magnifique.
Francis Dubois

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