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Un documentaire de Philippe Cosson (France)

"Pluie du diable" Sortie en salles le 18 novembre

Les bombes à sous munition sont des explosifs à fragmentation qui ont la taille et l’aspect d’une balle de tennis. Un seul conteneur peut en regrouper plusieurs centaines et c’est sous cette forme qu’en temps de guerre, elles sont larguées par l’aviation. Le Laos, la Bosnie, l’Irak, l’Afghanistan ou le Liban sont parmi les pays les plus pollués par ces explosifs qui peuvent être à fleur de terre ou plus enfouis à la suite de précipitations.
Au Laos, un enfant meurt en manipulant une bombe à sous-munition. Qui est responsable ? L’armée qui a lâché les explosifs sachant qu’un fort pourcentages d’entre eux n’explosent pas au contact du sol ? Les patrons de l’armement ? Quels pays ? Qui doit endosser ces dommages de guerre ? Car ces engins ont-ils été laissés là par les armées laotiennes alliées des américains ou proviennent-ils des bombardements des années 62-75… Sachant que ces bombes peuvent rester actives pendant cent ans et que les moyens de déminage sont infimes, il faudrait presque un siècle pour que le danger qu’elles représentent pour les populations soit écarté. Certains gamins récoltent les mines, les bombes et les revendent à des récupérateurs de métaux et c’est ainsi que pour quelques centimes d’Euro, ils prennent le risque de perdre la vie ou de se retrouver infirmes.
Les victimes sont pour la plupart des civils et dans 60% des cas, les accidents ont lieu au cours d’activités liées au travail, travail de la terre, pêche, collecte de bois ou accès aux puits. Les familles dont un membre est victime d’un explosion subissent souvent un préjudice socio-économique. La cessation d’activité dans le cas fréquent d’amputation d’un membre entraîne une perte de revenus et l’engagement de frais médicaux. La simple perte d’un seul animal peut conduire une famille au désastre.
Lorsque Philippe Cosson a appris que des enfants récupéraient des bombes pour les revendre au risque de leur vie, il a pris conscience de ce fléau et a décidé de mener une enquête. A travers son film il tente de remonter la filière depuis la fabrication de ces engins jusqu’à leur présence dans la nature de tous ces pays qui vivent ainsi une perpétuelle prolongation de guerre. Les témoignages qui constituent le film relatent la souffrance, les difficultés économiques mais également débusquent les hypocrisies, les lâchetés et les mensonges. Et la question qui se pose est de savoir si le but inavoué de cette état de choses n’est pas simplement d’empêcher un retour à la vie normale après une guerre : difficulté de reconstruire, de cultiver la terre…
"La pluie du diable" alterne témoignages et images d’archives. Il a le mérite de faire un constat et de permettre la découverte de terribles et cruelles dérives humaines.
Aujourd’hui le Traité d’Oslo interdit l’utilisation des BASM. Il a été signé par 98 états. 17 l’ont ratifié mais son contenu ne pourra prendre réellement effet que 6 mois après la 30ème ratification. Combien de victimes encore d’ici là ?
Francis Dubois

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