Actualité théâtrale

au Théâtre de Gennevilliers, jusqu’au 1er avril

"Podalydès & Guests"

L’an passé au Festival d’Avignon, Denis Podalydès avait présenté une lecture en solo de son livre Voix Off, prix Femina 2008 du meilleur essai. Il nous l’offre à nouveau, mais en compagnie d’un invité différent chaque soir. Se succèdent ainsi Jacques Weber, Jean-Pierre Vincent, Gérard Desarthe le 9 mars, Bruno Podalydès et Eric Almosnino le 11 mars, Cécile Brune et Christine Montalbetti le 22 mars, Pierre Michon le 23 mars, Eric Ruf le 24 mars, Emmanuel Bourdieu et Simon Bakhouche le 30 mars, Jacques Bonnafé et Christophe Ferré le 31 mars et enfin Jeanne Balibar et Michel Vuillermoz le 1er avril.
Denis Podalydès dit qu’un acteur se nourrit de la voix des autres. Ainsi pour lui la voix de Jean Vilar c’est celle de la République, mais c’est aussi la voix de son grand père, synthèse imaginaire des voix de ses grands pères, morts trop tôt pour qu’il ait pu s’en souvenir. Cet hommage aux voix va bien sûr à de grands acteurs comme Jean Vilar, Michaël Londsdale ou Michel Bouquet, mais aussi aux voix des doubleurs en particulier de ceux des dessins animés de son enfance qu’il évoque dans une séquence drôle et émouvante. Il est capable de rendre les attaques, les suspens, le rythme de la voix qui enfle ou se brise et l’on entend Jean Vilar, sans qu’il s’agisse d’une imitation. Il y a aussi les voix familiales, l’ambiance du salon de la grand-mère, illustration d’une réunion familiale chez une digne illustratrice de la bourgeoisie cultivée, catholique et conservatrice versaillaise, avec la voix de la mère qui vient parfois gripper les conversations où tous cherchent à éviter tout sujet de conflit. C’est raconté avec tendresse et humour et la voix de l’acteur exprime toute la délicatesse de ses sentiments pour cette grand-mère dont il est le préféré. Il y a aussi des moments hilarants comme le récit de la représentation de Bérénice dans un froid glacial à Belfort. On se promène ainsi à travers les voix des scènes de théâtre aux conversations anodines et toujours on rencontre par la grâce de l’acteur, la vérité et la présence de ceux qu’il évoque.
Denis Podalydès sait également mettre en valeur son invité. Ainsi lorsque j’y étais, il a lu en compagnie de Jean-Pierre Vincent des chroniques sur la vie culturelle et théâtrale que celui-ci avait écrit pour le quotidien L’Humanité. Ce n’est pas à une simple lecture qu’il nous convie. Il dialogue, il est des voix différentes et pour tout amateur de spectacle vivant c’est un enchantement.
Micheline Rousselet

Théâtre de Gennevilliers
41 avenue des Grésillons, 92230 Gennevilliers
les 6, 22, 24 et 31 mars à 20h30, les 9, 11, 23, 30 mars et 1er avril à 19h30

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 41 32 26 26

www.theatredegennevilliers.com

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