Actualité théâtrale

Jusqu’au 13 novembre au Studio Hébertot

« Pompon Voltaire »

Pompon, c’est le surnom qu’a donné Voltaire à sa bouillante maîtresse Émilie du Châtelet. Celle-ci a quitté son mari, qui ne s’y est pas opposé, pour aller vivre sa liaison avec Voltaire pendant quinze ans, dans son château de Cirey. C’est une joute intellectuelle, librement inspirée du Discours sur le bonheur d’Émilie du Châtelet que nous propose Yvan Varco. La pièce commence avec le renoncement du mari qui laisse place au couple le plus génial du début du 18ème siècle. Entre le philosophe célèbre qu’est Voltaire et sa maîtresse, une femme intelligente, brillante mathématicienne et physicienne (elle a popularisé les travaux de Leibniz en France et sa traduction de Newton fait encore référence) se joue le jeu du désir autant que s’épanouit le débat autour de cette idée neuve dans le siècle, le bonheur. Elle est ardente, hédoniste, aspire à une société où la femme aurait la même liberté de choix que l’homme, il est plus réservé tant sur le plan des sens que sur celui des idées. Mais tous deux pensent que le bonheur exige de garder un esprit libéré des préjugés et que c’est l’amour de l’étude qui contribue le plus au bonheur, surtout pour les femmes car les hommes ont une infinité de moyens d’être heureux !
Théâtre : Pompon Voltaire
Yvan Varco est Voltaire. Sans perruque, vêtu d’une robe d’intérieur élégante, il est à l’écoute d’une femme dont on sent qu’il l’admire. Face à lui, la tenue d’Anne Deleuze sanglée dans une redingote rouge et chaussée de bottes rouges, est féminisée par quelques dentelles qui rappellent que Madame du Châtelet avait eu une éducation rarement accordée aux filles à son époque, mais n’en aimait pas moins les bijoux et les dentelles. Si le texte apparaît parfois un peu répétitif, sur scène le duo fonctionne bien. Il est brillant, orgueilleux, gourmand un peu dépassé par la sensualité de sa compagne, mais se laisse adorer et moquer gentiment. Elle est sensuelle, impétueuse, se moque des convenances et sait parler avec intelligence et esprit de choses sérieuses, l’amour, le désir et son usure, le bonheur.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h

Studio Hébertot

78 bis boulevard des Batignolles, 75017 Paris

Réservations : 01 42 93 13 04

Se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Nos éducations sentimentales »
    Dans L’éducation sentimentale, Flaubert faisait le portrait d’un jeune homme Frédéric qui arrivait à Paris prêt à se lancer à la conquête de la capitale. À la recherche d’une position sociale enviable,... Lire la suite (15 janvier)
  • « L’autobus »
    Ils sont neuf voyageurs dans un autobus dont le conducteur invisible semble avoir pris son indépendance, ne respectant ni les horaires ni le code de la route ni même le trajet, un voyage infernal... Lire la suite (12 janvier)
  • « Le souper »
    Le 6 juillet 1815 alors que la défaite de Napoléon est consommée, que les troupes coalisées sont dans Paris et que la révolte populaire gronde, Talleyrand, homme politique et diplomate à la carrière... Lire la suite (12 janvier)
  • « Le dernier jour d’un condamné »
    En 1829, Victor Hugo publie « Le dernier jour d’un condamné » , un réquisitoire politique pour l’abolition de la peine de mort. Le jeune metteur en scène Cedric Coppola et la comédienne Pauline Smile... Lire la suite (11 janvier)
  • « Un jour en octobre »
    Dans une petite ville de province une jeune fille, Catherine, vient d’accoucher en cachette. Lors de l’accouchement, son précepteur, l’abbé Jattefaux l’a entendue prononcer le nom du père, le... Lire la suite (9 janvier)