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Un film de Gérald Hustache-Mathieu (France)

"Poupoupidou" Sortie le 12 janvier 2011

David Rousseau est un auteur de polars à succès pour le moment à cours d’inspiration.
Elle, Candice Lecoeur est devenue une vedette locale depuis qu’elle a posé pour devenir l’effigie blonde du fromage "Belle du Jura".
Mouthe a la réputation d’être la ville la plus froide de France. C’est dans la campagne environnante enneigée que David va découvrir le cadavre de Candice.
La gendarmerie conclut à un suicide aux somnifères mais le romancier ne croit pas à cette version des faits. En enquêtant sur les conditions de la mort de la jeune fille, il va retrouver l’inspiration pour son prochain roman…
"Poupoupidou" est-il un polar ou une comédie ? Beaucoup du charme de ce film réside dans cette ambiguïté comme il réside dans le choix du décor, la bourgade de Mouthe, sapins blancs, routes et toitures enneigées, comme prise dans un carcan de givre. Comme il tient à la rencontre improbable de l’enquêteur et de la victime déjà morte quand commence le récit. Une fille dont la gloire locale et la blondeur, pour les besoins d’un clip publicitaire, l’amène à s’identifier à Marylin Monroe.

Marilyn Monroe parce qu’elle incarne le rêve américain, le rêve de devenir un jour "quelqu’un" mais également la tragédie et l’impossibilité de trouver le bonheur dans une célébrité débordante…
"Poupoupidou" impose petit à petit une évidente ressemblance entre Marilyn, liée autant à l’histoire du cinéma qu’à celle de l’Amérique, et Candice, petite gloire locale dans une bourgade du Jura.
Pas d’imitation, pas de parodie factice même dans la comparaison frontale, quand sont reprises dans le film les scènes du Jokary des "Misfits" ou le fameux moment élevé au rang de mythe mais bien sûr inimitable de "Happy birthday, Mr le President".
Gérald Hustache-Mathieu parvient à garder la distance et ces scènes volées à la star deviennent parties intégrantes de son film. Il sait utiliser un élément pour en faire, transposé dans son récit, une nouvelle composition. Uns sorte de recyclage jurassien qui apporte au film une parfaite indépendance.
Il est aidé en cela par une comédienne qui, parce qu’elle est rare, est donc à chacune de ses apparitions complètement "neuve", Sophie Quinton remarquée en 2002 dans "Qui a tué Bambi ?". La simple blondeur et sa silhouette diaphane suffisent. Elle exprime avec un mélange de candeur et de malice, à la fois la fragilité et la détermination de la starlette locale qui devient bientôt un objet de désir encombrant, mêlée à la politique du coin.
Un film léger, aérien. Un film tout en blancheur et tout en noirceur.
Un très joli moment.
Francis Dubois

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