Autour du Jazz

Des cadeaux à (se) faire pour vos fêtes et pas forcément pour les Fêtes !(2)

Pour Kurt Weill, des chansons éternelles.

Qui ne connaît « Mack the Knife », « Moritat » dans la version allemande ? Au moins la version de Louis Armstrong, de Ella Fitzgerald à Berlin en 1961, de Sonny Rollins – dans l’album « Saxophone Colossus » - et beaucoup d’autres. « L’opéra de Quat’ sous » fut un grand succès, Bertold Brecht était le responsable des dialogues de ce « Théâtre musical » comme aimait l’appeler Weill. Le Berlin des années 1920 brille des feux de la contestation mais aussi d’une volonté de lier l’art et la rue comme le fait le jazz. A l’instar du Bauhaus, Kurt Weill ne craint pas de dissoudre la tradition classique dans la musique populaire. Une révolution.

Jazz : Kurt Weill

En 1935, comme la plupart des Juifs, il émigrera aux États-Unis pour se lancer dans une carrière de compositeur de Broadway. Il fera équipe avec Ira Gershwin, le frère de George, auteur des textes et participant d’une poésie populaire tout en ironie, humour teinté souvent de contestation de l’american way of life.

Cette anthologie en forme d’un coffret de trois CD restreint son champ aux musiciens et musiciennes de jazz qui subliment les compositions de Kurt Weill. Ce sera pour une prochaine fois pour les reprises de Boris Vian, les interprétations de Catherine Sauvage ou la renaissance du théâtre berlinois des années 20.

Telle que, l’anthologie permet de confronter différentes manières de recréer la musique de ce compositeur qui n’avait renié aucune de ses convictions, choix de vie. A un journaliste qui lui posait la question de son identité, il avait répondu : « Irving Berlin – l’un des grands compositeurs de Broadway, l’un des premiers – était un Juif d’origine russe, je suis un Juif d’origine allemande. »

La place de ce compositeur, né en 1900 et mort en 1950 est essentielle. La révolution fait partie intégrante de son ADN.

Nicolas Béniès

« Kurt Weill’s songs », coffret de trois CD choisis et présentés par Teca Calazans et Philippe Lesage, Frémeaux et associés.

Autres articles de la rubrique Autour du Jazz

  • « Rhapsodie », Gaëtan Nicot Quartet
    Les pianistes d’aujourd’hui sont soumis à des vents d’influence qui soufflent follement. Difficile de les ignorer. Tempêtes, orages que sont Bill Evans et Keith Jarrett en particulier ou les... Lire la suite (9 janvier)
  • « Intermezzo »
    Sarah Lancman avait défrayé la chronique avec un premier album. « Intermezzo », un titre adapté au deuxième album qu’elle signe, est une rencontre avec le pianiste Giovanni Mirabassi pour un répertoire... Lire la suite (8 janvier)
  • « Les disques de la Victoire, American Army V-Discs 1943-49 »
    Le 75e anniversaire du débarquement a suscité une débauche de manifestations pour glorifier la Libération. La musique a été oubliée de même qu’un travail de mémoire pourtant toujours utile. Plutôt que de... Lire la suite (Décembre 2019)
  •  Woody Herman, New York, Hollywood, Monterey
    La collection « Quintessence » dirigée par Alain Gerber (Frémeaux et associés) fait toujours la preuve d’un choix affiné dans la présentation d’un artiste partie prenante des mondes du jazz. La... Lire la suite (Décembre 2019)
  • Thomas Mayeras trio « Don’t Mention It »
    Un trio piano, Thomas Mayeras, contrebasse, Nicola Sabato – digne représentant de ses aînés, Ray Brown en particulier -, batterie, Germain Cornet – héritier du batteur Charles « Lolo » Bellonzi -, du... Lire la suite (Décembre 2019)