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Un film de Andreas Dresen (Allemagne)

"Pour lui" Sortie en salles le 4 avril 2012

Franck est dans la force de l’âge. Marié à Simone, père de deux enfants, il savoure le confort de la maison que le couple vient d’acquérir.

Le bonheur cesse le jour où, à la suite d’examens médicaux, il apprend qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau non opérable, qui ne lui laisse plus que quelques mois à vivre.

Le coup est terrible pour lui, sa femme et ses enfants, pour ses parents. Cependant, cette famille ordinaire, non préparée au malheur de la maladie incurable et à une mort prochaine, va apprendre à célébrer la vie jusqu’aux derniers instants.

Le film suit la maladie de Franck depuis l’entretien avec le neurologue jusqu’à la fin de la lente agonie. Et si le récit passe par les différentes phases du mal et celles de la dégradation physique et psychique du malade, si les scènes de souffrance ne sont pas épargnées au spectateur, le film bénéficie de la force dont font preuve chacun des membres de la famille.

La maladie a pris place au sein de la famille et le passage, pour le personnage, de l’autonomie, aux béquilles, puis de la chaise roulante au lit, sont les étapes douloureuses certes, mais dont chacun à son niveau, a anticipé l’échéance.

Alors que la mort rôde à tout instant, la vie continue et se faufile jusqu’aux abords du lit. Simone continue à pratiquer son métier de conductrice de tramway, Lili, l’aînée des enfants poursuit ses entraînements de natation et Mika, pour qui l’idée de la mort est abstraite, fait ses gammes au piano.

Parallèlement à la lente dégradation de Franck, on assiste au combat que Simone se livre à elle-même pour insuffler la force qui lui est nécessaire et qu’à travers son comportement naturel, elle va insuffler à son mari. Et si le quotidien frôle souvent l’insupportable, les moments d’accalmie et de sérénité sont totalement vécus.

Le récit ne cache rien de la terrible réalité. Les adultes choisissent la ligne à tenir, mais c’est peut-être le regard que les enfants portent sur la mort annoncée de leur père qui offre au film ses points d’orgue.

Lorsque Mika, huit ans, resté seul au chevet de son père, lui pose la question de savoir s’il va vraiment mourir et que le père lui répond par l’affirmative, le gamin, après qu’un voile de tristesse soit passé sur son regard, demande s’il pourra récupérer l’ iPod que Franck utilisait très fréquemment. Il en est de même de Lili qui vient d’assister au dernier souffle de son père et qui, quittant les bras de sa mère où elle s’était réfugiée, annonce que c’est l’heure de son entraînement.

Andreas Dresen réalise de façon frontale, sans mâcher ni les mots ni les images, un film d’une grande force, dépouillé de toute sensiblerie, de tout épanchement qui, plutôt que de briser un tabou, le positive.

Il introduit dans son récit des scènes décalées, liées à l’habitude de Franck de filmer à l’aide de son iPod, comme celle relatant un souvenir d’enfance à propos d’un cochon d’inde et d’un lapin nain. C’est aussi l’occasion de rentrer dans une autre tonalité du récit quand Franck dialogue avec sa tumeur.

Une œuvre au plus près des personnages, de la mort et de la vie toujours victorieuse.

Francis Dubois

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