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Un film de Marina Déak (France)

"Poursuite" Sortie en salles le 9 mars 2011

Elles ont été plusieurs réalisatrices qui, la trentaine passée, se sont attelées ces derniers mois, au même sujet, et même si la tonalité de leurs films est très différente, il y était question des tâtonnements et des questionnements qui surviennent chez de jeune femmes à un moment où la nécessité s’impose pour elles de faire des choix qui vont définir leur option de vie définitive.
C’était le sujet du film de Judith Godrèche "Toutes les filles pleurent", c’était celui de Valérie Donzelli dans "La reine des pommes" pour ne citer qu’elles deux.
Souhaitons à Marina Déak et à "Poursuite", son premier long métrage, de trouver son public. Le film le mérite largement, tout en sensibilité, en émotion, en drôlerie…
Audrey et Eric viennent de se séparer. De leur union est né Mathieu qui a maintenant sept ans.
L’amour que l’un et l’autre a pour l’enfant n’est pas en cause mais l’organisation du quotidien est difficile et Mathieu finit par atterrir chez sa grand’mère, ravie de l’aubaine.
Audrey a opté pour cette solution en attendant, mais en attendant quoi ? Plus de stabilité dans sa vie professionnelle pour l’instant tâtonnante. Pouvoir vivre dans un appartement plus grand, plus adapté. D’avoir rencontré le compagnon stable.

En attendant, elle vit dans l’expectative et si ses doutes se portent sur l’avenir, ils sont là également, dans le moment présent.
De rencontres éphémères en entretien d’embauche peu convaincant, Audrey navigue à vue et c’est peut-être la façon d’exister qui lui convient, beaucoup plus en tous cas que ne saurait lui convenir une vie rangée à options définitives
"Poursuite" est un film singulier. Marina Déak y raconte une histoire exemplaire mais sûrement pas universelle. Les problèmes liés à notre société frappent de plein fouet la jeune femme, la difficulté de se fixer professionnellement, la fragilité des relations amoureuses, l’incertitude du lendemain et celle des sentiments fussent ils maternels. Pourtant l’agencement de son scénario, la personnalité d’Audrey, son goût pour le plaisir, son aspiration à la liberté en font une exception., un cas d’espèce, et il survient toujours à un moment ou à un autre un élément du récit qui empêche le personnage de verser dans l’archétype ou l’universalité.
Audrey n’est ni belle ni pas belle mais lorsque les circonstances la rendent rayonnante ou disponible, elle séduit. Les hommes la regardent, la recherchent et elle aime bien ça. De là à se dire que si elle a confié son enfant à se mère, c’est pour profiter de sa liberté, il n’y a qu’un pas. Le peu de conviction dont elle fait preuve pour trouver un travail mieux rémunéré ou pour s’attacher à un homme, confirment cette version.
Audrey est-elle une mauvaise mère. Serait-elle, si l’opportunité se présentait, une mauvaise épouse ? Serait-elle incapable de s’impliquer dans une activité professionnelle si on lui proposait un emploi de responsabilités.
Oui, à coup sûr pour le moment, mais peut-être que, plus tard….
Même si le personnage d’Audrey n’appartient qu’à elle, le film de Marina Déak donne un éclairage fin et touchant sur une époque pleine de mystère et de zones d’ombres et de menaces. La nôtre.
Francis Dubois

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