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Poursuivre l’action syndicale pour le métier

Lors des discussions du chantier des métiers (janvier 2014 à juin 2015 pour les CPE), le SNES-FSU a pris toute sa place de syndicat majoritaire pour relever le pari de l’actualisation de la circulaire de missions. Il a pesé pour donner sens à l’action éducative des CPE, pour sortir le métier des pressions managériales et poser la question des conditions de travail. La reconnaissance professionnelle a marqué des points. Pour autant, la mise en œuvre de la nouvelle circulaire s’est heurtée à bien des résistances institutionnelles. Quel bilan deux ans après sa parution ?

La circulaire du 10 août 2015 : un texte qui dérange
Prenant le contre-pied des dérives managériales qui ont maltraité le métier depuis les années 2000 (transferts de charges, remise en cause de l’autonomie professionnelle), ce texte dérange. Il positionne le CPE comme le « concepteur de son activité ». Ce n’est peut-être pas un hasard si l’institution ne l’a pas accompagné suffisamment sur le terrain. Les dernières discussions de mars 2017, sur le projet de grille d’évaluation des CPE, ont illustré les résistances des tenants d’un néo management décomplexé.

Deux années au bilan contrasté
Dès la rentrée 2015, des chefs d’établissements et IPR ont persisté dans une lecture à contresens : un CPE « chef de service », « conseiller technique » du seul chef, loyal et corvéable. La circulaire, selon les académies, a eu peu d’effets sur les plans de formation et les propositions des ESPE ont peu varié sur le fond. Les sujets et épreuves du concours externe ignorent toujours l’existence de la circulaire. La réforme « collège 2016 » a apporté son lot de nouvelles injonctions, brouillant un peu plus la lisibilité des missions. Les pressions hiérarchiques sont toujours bien présentes, notamment sur l’application des 35 heures hebdomadaires où des chefs d’établissement continuent de faire preuve de mauvaise volonté. « Les missions particulières » ont donné lieu à des interprétations très diverses et à des rétributions très minimalistes. Sur tous ces points, durant ces deux années, le SNES-FSU est intervenu à tous les niveaux du système éducatif pour faire reconnaître le métier et défendre les conditions de travail des CPE.

Pour une lecture offensive de la circulaire
Gardons-nous cependant d’un bilan trop pessimiste. Là où la reconnaissance du métier est en place, elle a permis de conforter bien des CPE dans leurs pratiques et mieux faire respecter leur statut. Sans être un catalogue, elle est un instrument qui affirme le sens de l’activité éducative et les responsabilités propres et partagées. D’où, pour le SNES-FSU, la volonté d’une lecture offensive de la circulaire, point d’appui pour faire respecter les missions des CPE et leur temps de travail, pour prendre mieux en compte la dimension du travail en équipe autour de l’élève.

Des chantiers restent ouverts
L’ambition éducative portée par le texte est claire et exige pour le SNES-FSU que soit résolue la question de l’adéquation entre les moyens en postes et les effectifs d’élèves à suivre. Le métier attend une reconnaissance s’incarnant dans l’amélioration des conditions de travail (rattrapage des dépassements exceptionnels inclus) et un parcours de carrière enrichi. Même si les mesures de carrière issues du cycle de discussion « PPCR » apporte un début de réponse, l’accès à une agrégation d’éducation ouvrant la voie à un corps d’inspection spécifique est d’actualité, d’autant que le poids des IPR dans l’évaluation est désormais renforcée. Aux côtés des CPE, le SNES-FSU continuera d’agir dans ce sens.

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