Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Shlomi Eldar (Israel)

"Precious life" Sortie en salles le 23 mars 2011

Mohammad, un bébé palestinien de quatre mois est atteint d’une maladie génétique qui le prive de toute défense immunitaire. Il est soigné dans un hôpital israélien et pris en charge par le Docteur Raz Somech, spécialisé en médecine pédiatrique.
Celui-ci, persuadé qu’il existe une chance de sauver la vie de l’enfant fait appel à Shlomi Eldar, un journaliste qui ne dispose pour l’aider de rien d’autre que sa caméra. Le reportage qu’il réalise pour la télévision va permettre, en entraînant des dons, de réunir la somme nécessaire à l’opération qui s’impose.
A la sortie de l’hôpital, Shlomi Eldar a continué à rendre visite à Mohammad et à Raïda, sa jeune mère. Il les a filmés au quotidien sans savoir vraiment ce qu’il allait faire de ces images.

L’accumulation des scènes filmées et leur teneur, les problèmes qui se sont posés, les difficultés qui ont surgi, ont finalement donné la réponse. Il devenait impératif d’en faire un film.
Dans cet hôpital où pratique le docteur Raz Somech dont le seul objectif, hors de toute considération de race ou de religion, est de sauver des vies, pratique également le Docteur Abuelaish, militant pour la paix. Or, le seul espace où Israéliens et palestiniens peuvent se côtoyer et apprendre à se connaître sont les hôpitaux où les uns et les autres se battent pour la même cause, la guérison.
Le film, par le truchement de la maladie d’un enfant, permet de donner un autre éclairage sur les dessous du conflit au Moyen Orient et sur la vie à Gaza.
Le souhait profond de Raïda est de sauver son enfant mais, face aux reproches qui lui sont faits dans son camp de devoir pour cela avoir recours aux israéliens, elle est prête à sacrifier son fils au nom d’Allah.
Dès lors "Precious life" déclenche une série de questionnements. Que représente la vie d’un enfant malade dans un pays où la mort est toujours présente ? L’acharnement d’un médecin à vouloir à tout prix la guérison d’un nouveau né dont la vie est peut-être d’avance sacrifiée par un conflit meurtrier n’est-il pas dérisoire ? La détermination pour des médecins israéliens à vouloir à tout prix sauver un enfant palestinien est-elle guidée par une volonté politique ou simplement par un réflexe d’humanité ? La diabolisation mutuelle entre les deux peuples est-il le problème majeur du conflit ?
Le fait qu’aucun scénario ni canevas n’ait été écrit préalablement, que les faits et événements se soient imposés à la caméra, qu’on ne sache rien de l’issue du combat pour la vie, que par hasard l’opération de l’enfant ait eu lieu au moment des festivités du 60ème anniversaire d’Israël donne au film une force d’authenticité et des moments déchirants
La film de Shlomi Eldar souligne les conséquences insoupçonnées d’un conflit haineux qui laisse pourtant filtrer ici et là des élans d’humanité. Il met à nu l’aveuglement des uns et des autres, sans jamais souligner.
Ici les faits parlent d’eux-mêmes.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les misérables »
    Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, prend ses fonctions au sein de la brigade anti-criminalité de Montfermeil, dans le 93, un secteur réputé sensible de la banlieue parisienne. Il rencontre ses... Lire la suite (16 novembre)
  • « Zibilla ou la vie zébrée »
    Zibilla est une jeune zèbre qui a été adoptée par des parents chevaux. Dans l’école où elle va et où tous les élèves sont des enfants chevaux, ses rayures sont sujet à de constantes moqueries. Si bien... Lire la suite (12 novembre)
  • « J’aimerais qu’il reste quelque chose »
    « J’aimerais qu’il reste quelque chose », c’est la phrase que prononce une donatrice sans descendant qui vient déposer des documents personnels relatifs à la Shoah dont elle est en possession et qui n’a... Lire la suite (12 novembre)
  • « Le bel été »
    Amed, Mohamed et Wally, réfugiés de Guinée et du Mali ont été recueillis par Robert, Simon et Sophie dans leur maison du bord de la Manche, siège de l’association « des lits solidaires » Ils vont... Lire la suite (11 novembre)
  • « Rendre la justice »
    En France, l’appareil juridique apparaît le plus souvent comme une machine infernale, opaque, mystérieuse, impersonnelle à laquelle il vaut mieux ne pas avoir à faire, qu’il vaut mieux ne pas... Lire la suite (9 novembre)