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Premiers éléments d’analyse des projets de programmes de mathématiques du lycée mise à jour le 16 octobre

Le SNES-FSU a mis en ligne les projets de programme du CSP qu’il s’est procuré par diverses sources.

Cet article présente nos premières réflexions sur le projet de programme de mathématiques en seconde, analyse que nous affinerons dans les jours à venir, ainsi que sur celui de première technologique, tronc commun.

Même si nous savons que des modifications à la marge peuvent être effectuées, il est assez peu probable que le fond soit modifié de façon importante.

Classe de seconde, enseignement commun

Le projet de programme semble se situer dans la continuité des aménagements de programmes du collège : mais ce n’est que dans 2 ans que les effets de ces aménagements se feront sentir. Il risque donc d’y avoir un temps d’adaptation nécessaire.
Le projet est réparti en cinq thèmes :

  1. nombres et calculs
  2. géométrie
  3. fonctions
  4. statistique et probabilités.
  5. algorithmique et programmation

Il redonne du lustre au formalisme et aux concepts dans la discipline, mettant par exemple en avant 12 démonstrations (dont on ne sait pas si il est possible ou obligatoire de les faire), l’importance du calcul littéral, ou indiquant que les problèmes proposés aux élèves peuvent être internes aux mathématiques. On n’est plus dans les mathématiques utilitaires à tout prix, et c’est appréciable.

Des éléments d’histoire des mathématiques sont indiqués. Ils risquent cependant de ne servir que d’illustration car le programme est ambitieux et riche, et qu’il nécessiterait des demi-groupes, ce que la structure du lycée et les moyens horaires ne permettront sans doute pas d’obtenir.

La géométrie dans l’espace ne figure pas explicitement dans le projet, mais pourrait être cependant abordée, encore faudra-t-il en avoir le temps...
Algorithmique et programmation conservent leur place, avec cependant le choix du langage Python. Et de nombreux exemples d’algorithmes illustrent les différents thèmes du programme.
Enfin, on pourra parler d’équivalence en seconde.

Ce programme est cohérent, riche et sans doute ambitieux. Les élèves qui, en seconde, rencontreront quelques difficultés, même mineures, à le suivre, risquent certainement de ne pas être ainsi encouragés à choisir un enseignement de mathématiques en première. Est-ce un objectif caché de cette réforme ? Car on n’est pas dans un processus de démocratisation des mathématiques.

Classe de première, voie technologique, enseignement commun, séries STS, STL, STDA, STI2D, STMG et STHR

Ce projet de programme s’inscrit dans la volonté de faire un enseignement commun à toutes les voies technologiques, faisant fi du fait que certains experts estiment qu’il y a moins de 20% de notions communes à l’ensemble des voies technologiques. Une seule différenciation apparaît, avec la spécialité Maths-Physique de STI2D et STL

La structure de ce projet (c’est un document de travail qui est ici brièvement commenté) est différente de celle de celui de seconde : on commence par les éléments de vocabulaire et de logique, puis l’algorithmique (contrairement d’ailleurs à ce qui est écrit au début du projet, preuve qu’il n’est pas achevé) pour finir par les notions mathématiques proprement dites.

Plus étonnant, on voit apparaître un « thème transversal » intitulé « Automatismes ». Ce thème fourre-tout impose un travail régulier sur les notions étudiées antérieurement afin de faire acquérir aux élèves des automatismes, comme si la logique « spiralaire » qui sous-tend nombre de programmes de collège était ignorée par les enseignants de lycée ! C’est sans doute cela l’Ecole de la confiance...

Rien n’est dit au sujet de la différenciation nécessaire à faire entre le vocabulaire informatique et le vocabulaire mathématique (fonction, variable). C’est pour le moins un oubli regrettable, même si les enseignants se chargeront spontanément de le réparer.

Comme on pouvait s’y attendre, pas de géométrie dans ce projet de programme. Et cela va poser un vrai problème pour les STD2A. C’est aussi un pan entier de la culture mathématique qui n’est pas enseignée, alors que le but de cet enseignement est de montrer richesse et intérêt des mathématiques pour tous. Ce n’est pas trop surprenant puisque, contrairement au programme de seconde, aucune démonstration n’est demandée.
Pour les spécificités relatives à chaque série, le professeur de mathématiques est enjoint de se concerter avec ses collègues. Un temps rémunéré est-il prévu pour le faire ? Par ailleurs, aucune déclinaison d’approfondissement de notions, d’activités ou d’exercices en fonction des séries n’est proposée. C’est sans doute ce que certains appellent la liberté pédagogique. Il est pour le moins surprenant que dans certains cas on fait appel au professionnalisme des enseignants, mais que pour d’autres on se retrouve à la limite de l’infantilisation. Ainsi, il est aussi rappelé que la trace écrite est importante, et que le travail en classe ne fait pas tout. Sans commentaire !

Nous attendons la suite du programme pour la terminale, puisque les objectifs de ce programme sont présentés pour tout le cycle terminal.

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